Bukit Duri

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Des images du quotidien ordinaire de la vie du bidonville de Bukit Duri au cœur de Jakarta sont ici filmées en noir et blanc et sont le fruit d’un magnifique travail photographique. On entend les enfants jouer, l’eau qui coule mais aucun commentaire n’accompagne ces images. C’est au fur et à mesure que le spectateur comprend ce qu’il voit : un fleuve qui inonde régulièrement les habitations de fortune qui le bordent et qui charrie avec lui quantité de déchets dont la population se débarrasse.

Un homme repousse de temps en temps d’un bâton les déchets restés accrochés à la rive, emballages de toutes sortes, chaussures, résidus du quotidien d’un bidonville. Il les replace dans le courant pour que le fleuve les emporte plus loin. Une femme y lave son ligne, une autre y fait sa vaisselle. Des enfants se jettent dans l’eau pour éprouver leur courage entre copains. Il y a toujours des emballages et des détritus qui traversent l’écran. Ils s’entassent dans les coins, s’enroulent sur eux-mêmes et tourbillonnent dans le courant de ce fleuve agité.

Un témoignage d’enfant révèle une troublante réalité de terrain : « A la maison, je ne fais pas comme à l’école, je fais comme mes parents ». Voici tout le paradoxe que vit cette population entassée au bord de la rivière. L’eau est le pilier de la vie quotidienne. Elle est la cuisine, la salle de bain, le lieu de rencontre des plus jeunes comme des plus vieux. Mais tous, y rejettent leurs déchets. S’agit-il d’un manque de gestion des déchets ? d’habitudes culturelles ? Le film ne tranche pas.

Les toutes dernières images du film sont en couleur. Le film fait alors apparaitre les véritables couleurs de ce paysage tourmenté par la pauvreté et la pollution.

 

Film disponible chez PointCulture

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Eaux, réflexions

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Ce film étrange, car dépourvu de narration, propose une série d’images mettant en scène l’homme en interaction avec l’eau : celle qui désaltère, celle qui oppose aux sportifs la force de sa masse autant qu’elle les porte, celle du corps humain, celle qui berce des enfants allongés dans une bouée, celle de la machine à laver, celle qui tombe du ciel ou, contenue, dirigée, celle des barrages hydrauliques, celle des glaciers, celle aussi qui, souillée, dissimule à notre regard les résidus de notre mode vie (produits chimiques et ordures).

Cassante et froide, tumultueuse et bruyante, calme et captive, domestiquée, sauvage, en goutte, en torrent, en  bloc de glace, salie… toutes les eaux sont ici mises en lien, tous les usagers aussi. Les assoiffés, les enfants qui jouent, les sportifs en quête d’exploit, les paysages pleins de vie. A chaque spectateur d’attribuer un sens à ce film.

 

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Forêt en ville

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Une forêt à demi dissimulée dans la brume, des empreintes d’oiseaux qui serpentent sur un lac gelé, un soleil pâle encore endormi derrière les nuages, on pourrait être dans une vaste forêt de montagne mais la forêt de ce film se situe au sud-est de Bruxelles. C’est une forêt en ville, à portée de tram, qui pénètre jusqu’à 4 km du centre la capitale européenne.

C’est un lieu de rencontres de citadins qui s’y croisent pour se balader, seuls ou en famille, y promener leur chien le matin à la hâte ou plus longuement le weekend, amateurs de nature, de champignons, de chevreuils et d’oiseaux, d’arbres, des cyclistes, des artistes, des photographes, des groupes scolaires et des cavaliers, tous racontent ici leurs attentes et avec ces témoignages, c’est toute la personnalité de cette forêt urbaine qui apparait. Des promeneurs, des artistes, des gestionnaires de la forêt qui chantent en plein travail, des historiens, les témoignages se succèdent comme si le réalisateur du film les rencontrait au hasard de sa balade. Chacun participe à sa manière à la vie de cette forêt.

 

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Bousse nabab – les Maîtres-chèvres

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Rémi est un paysan flamand. Il tire sa vocation de son enfance. Non pas que sa famille l’ai incité à reprendre une exploitation familiale, loin de là. Son père lui répétait même de « bien étudier, ainsi, il n’aura pas à devenir paysan ». Sa vocation lui vient d’ailleurs, de l’émotion de sa mère qui, regardant le journal télévisé, s’émouvait de voir des enfants mourir de faim en déplorant qu’il devait être terrible pour une mère de voir ses enfants affamés. Cette émotion, il en a été témoin, et touché, a décidé qu’il était là le grand défi pour l’avenir de l’humanité : que tout le monde mange à sa faim, et ce, sans détruire la planète.

Ainsi, quelques années plus tard, il fonde le mouvement « Paysans sans frontière » et accompagne des paysans du Burkina Faso et d’ailleurs dans l’adoption de nouvelles pratiques agricoles durables.

Ce que Remi répète plusieurs fois à l’écran, c’est qu’il est important de ne pas faire à la place des autres. Il faut rendre les paysans du monde autonomes dans leurs pratiques. Sa devise : « voir, faire, comprendre et adapter à sa propre réalité ».

Dans ce portait, on le voit qui aime mettre la main à la pâte, se déplacer, face à la caméra on le sent animé d’une vrai volonté de convaincre appuyant ses propos par de larges gestes des mains.

Le film raconte la démarche de ce paysan au franc-parler qui revient sans arrêt au faire et au travail quotidien. Direct mais sensible, se trouvant à l’étroit dans les labels, ses ambitions sont grandes mais à la hauteur du défi qui attend l’humanité à la fin de ce siècle.

film disponible chez PointCulture

Frédérique Müller

 

La fête des possibles

Bandeau

 

Le mode de vie moderne, fondé sur la croissance et l’abondance des combustibles fossiles, s’épuise. Différentes études se complètent pour conclure à la fin du modèle économique du capitalisme industriel, et ce, probablement avant la fin du XXIe siècle. Comme premiers signaux, les différentes crises qui se succèdent et se font échos : économiques, sociales, politiques, environnementales, etc.

Ce constat pousse à imaginer des alternatives et redéfinir des concepts clés comme le progrès, la prospérité et tout un système de valeurs. Il ne s’agit pas seulement de survivre aux changements climatiques et à la fin du pétrole mais de construire une société qui puisse mieux répondre aux besoins essentiels des humains, qu’ils soient physiques, psychologiques ou même spirituels.

Sur ce vaste chantier de réflexion et d’expérimentation, le citoyen occupe une place essentielle. Depuis plusieurs dizaines d’années, certains ont commencé à expérimenter des alternatives dans des domaines variés tels que l’économie, l’alimentation, l’énergie, la consommation, l’éducation, etc. Ensemble, ces initiatives concourent à provoquer un véritable bouleversement culturel par les changements de cadres qu’elles opèrent.

Pour découvrir, comprendre et soutenir ces initiatives, une Fête des possibles se tiendra en Belgique et en France du 18 au 30 septembre.

Activités dans les PointCulture

PointCulture soutient la fête des possibles et y participe à sa manière en proposant des activités qui interrogent notre rapport à la ville dans le cadre de sa thématique URBN.

Une journée entière consacrée à la ville poétique au PointCulture Liège

Un atelier de construction de mobilier urbain avec des matériaux de récupération au PointCultureNamur

Dix films à voir – et disponibles chez PointCulture

Ci-dessous, une sélection de dix films qui permettent de découvrir des initiatives dans des domaines variés (alimentation, énergie, mobilité, etc.), en Belgique et ailleurs, mais aussi d’aborder des questions de fond :

En quête de sens, un voyage au-delà de nos croyances (Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière, 2015)

Demain (Mélanie Laurent et Cyril Dion,  2015)

Cultures en transition (Nils Aguilar, 2012)

La Possibilité d’être humain (Thierry Krugger et Pablo Girault, 2013)

L’Urgence de ralentir (philippe Borrel, 2014)

Sur les routes d’une Belgique sans carbone (Alexander Van Waes, 2015)

Les Liberterres (Jean-Christophe Lamy – Paul-Jean Vranken, 2009-2015)

Visions citoyennes 1 et 2 (Christophe Joly, 2013)

Tout s’accélère (Gilles Vernet, 2016)
Et bien d’autres en cours d’acquisition…

Et sur le web

On passe à l’acte : un site passionnant abritant des interviews de porteurs d’initiatives et des réflexions

Le Flipper de la transition : un web documentaire dynamique sur des initiatives de transition belges

Pour aller plus loin…

Outre l’intérêt évident qu’apportent les initiatives de transition en termes d’expérimentation pratique et d’innovation dans la conception d’une société sans pétrole, d’autres apports majeurs naissent de l’analyse des différents processus à l’œuvre dans la mise en place de ces alternatives : réflexion sur les méthodes de travail participatif, soin accordé aux processus émotionnels, remise en question des contextes culturels et historiques qui fondent une société, etc. Pour découvrir ces aspects, voici quelques références à consulter :

Une conférence filmée sur la collapsologie et la transition avec Pablo Servigne, co-fondateur du concept de collapsologie et Vincent Wattelet du réseau Transition belge lors d’une conférence donnée en juin 2017 au PointCulture Bruxelles dans le cadre de la thématique Nature Culture :

 

Un livre : Petit traité de résilience locale, en collaboration avec Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton, 2015, Éditions Charles Leopold Mayer.

Un article dans la revue Culture et Démocratie n° 44 de janvier 2017 sur l’imaginaire du futur avec Vincent Wattelet (réseau Transition) et Frédérique Müller (PointCulture) :

Une revue : le numéro 123 (septembre/octobre) de Imagine, demain lemonde – « Vivre en préparant la fin du monde »
Frédérique Müller


fete-des-possibles.org

Anaïs s’en va-t’en guerre

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C’est l’histoire d’une jeune fille qui fait preuve de courage, de détermination, de force, de savoir-faire mais aussi de fragilité lorsqu’elle se heurte à un monde agricole verrouillé par des pratiques industrielles et la lourdeur administrative.

 

Anaïs, 24 ans, cultive des plantes aromatiques et médicinales. Elle les manipule d’un geste assuré mais tendre. Capable d’affronter la rudesse du climat, la pluie quand elle se trouve perchée au sommet d’une serre qu’elle installe, la solitude dans sa petite caravane sans eau ni électricité ou dans le métro parisien avec un cageot rempli du fruit de son travail posé sur les genoux, Anaïs s’entête. Agenouillée dans son champ, vêtue de pulls rugueux, de bottes en caoutchouc sur des pantalons sombres tachés de terre qui ne dissimulent pas la beauté à la fois forte et fragile de la jeune femme, Anaïs poursuit son rêve.

 

Le film s’ouvre sur un moment de découragement et de colère mais une visite de son professeur lors d’une séance de désherbage, les mains dans la terre, lui permettent de reprendre contact avec « ses amies les plantes » et d’enraciner en peu plus encore sa volonté de poursuivre.

 

Au centre de chaque plan du film, cheveux au vent, Anaïs entraine le spectateur qui vit avec elle de multiples émotions : peur, colère, tristesse, angoisse, satisfaction. A son sujet, la réalisatrice, Marion Gervais, parle même de rage :

 

« Elle vivait dans une cabane, sans eau, avec une électricité à 12 Volts. Elle m’a raconté qu’elle menait un combat, celui de devenir agricultrice, de vendre des tisanes dans le monde entier. J’ai été séduite par sa rage, cette volonté de ne pas subir sa vie. J’ai voulu la filmer. J’ai contacté Quark Productions, et ils ont soutenu le projet. Je me suis immergée dans le monde d’Anaïs pendant presque deux années entières. J’allais déjeuner avec elle, l’aider dans ses champs, la filmer. Au final, le film est l’aboutissement de deux ans de rencontres régulières, de respect et de confiance mutuelle et d’amitié, une relation qui s’est construite de manière instinctive et naturelle. »

(propos recueillis sur : http://www.madmoizelle.com/anais-guerre-film-bretagne-262009

C’est un portait tout en contraste, celui d’Anaïs en premier lieu, mais celui-ci illustre aussi toute la difficulté des alternatives à l’agriculture d’aujourd’hui et toute l’importance des productions faites à plus petite échelle.

 

 

Un film qui inspire l’envie de reprendre le contrôle de sa vie et d’aller jusqu’au bout des projets les plus ambitieux.

 

 

 

Film disponible chez PointCulture

 

Frédérique Müller

En quête de sens

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Ce film est le récit de la prise de conscience d’un dysfonctionnement à la fois sur le plan sociétal et sur le  plan personnel pour Marc de la Ménardière, narrateur et co-auteur de ce récit filmé par son ami d’enfance qu’il vient de retrouver.

 

Marc travaille pour une multinationale de commerce d’eau en bouteille à New York lorsqu’il se casse le pied et, immobilisé, s’attaque à une pile de films documentaires sur la marchandisation du monde recommandés par un ami d’enfance en visite. Il prend alors conscience qu’il fait partie du problème et décide de se joindre à son ami, Nathaël Coste pour comprendre comment amener le changement.

 

Combinant une quête personnelle de retrouver du sens à la vie à un besoin de compréhension des mécanismes, c’est un film sur le chemin parcouru, tant en termes de kilomètres autour du monde que d’heures de réflexion (et très certainement aussi de montage). Ce chemin est fait de découvertes, de questions et surtout de rencontres.

 

Avec des sensibilités et des pratiques différentes, chaque intervenant, à sa manière, offre des possibilités. Le film rapporte ainsi la parole de scientifiques, d’historiens, d’économistes, de chamans et de guides spirituels, de penseurs et de militants. Toutes les personnes sont interrogées avec curiosité et enthousiasme. Au spectateur ensuite de faire son propre chemin, son propre travail de digestion pour s’interroger sur ces choix que nous faisons en ayant souvent pas ou trop peu réfléchis. L’envie d’aller à chaque fois plus loin dans la complexité que sur le plan personnel se lit dans le regard des deux amis.

 

Ce film ose aller là où beaucoup d’autres s’arrêtent en s’aventurant sur la voie de l’introspection ; de la spiritualité, de ce que la volonté de changement opère en soi. Il aborde ainsi des aspects essentiels aujourd’hui. Un film ambitieux et réussi.

Film disponible chez PointCulture

Frédérique Muller

RDV le 30 avril 2016 : Portraits d’agricultures

« Portraits d’agriculture »

Des portraits pour parler du monde paysan

 

Samedi 30 avril à partir de 15h au PointCulture de Liège

 

15h : Projection inédite du portait d’Olga Voglauer, productrice de lait, tiré du film « Les Liberterres » de Paul-Jean Vrancken et Jean-Christophe Lamy : Le lait des vaches d’Olga est vendu en filière courte. En refusant d’agrandir son cheptel et de dépendre des banques, elle défend une alternative au modèle agricole conventionnel. (durée 30 min)

 

15h30 : Pièce de théâtre documentaire « Nourrir l’Humanité, c’est un métier » de la compagnie Art et Tça avec Charles Culot et Valérie Gimenez : Pour comprendre le déclin de l’agriculture familiale, deux acteurs, dont un fils d’agriculteur, ont récolté les témoignages d’une réalité paysanne douloureuse. Dans l’ambiance d’une petite cuisine, ils incarnent sur scène ces agriculteurs. (durée 1h15)

 

16h45 : Discussion et  dégustation en présence des réalisateurs et comédiens pour discuter de l’agriculture qu’il s’agisse d’alternatives ou du système conventionnel.

 

Gratuit – réservation souhaitée au 02 737 18 51 ou frederique.muller@pointculture.be

recto flyer

Festival ImagéSanté

Retrouvez les films “Environnement” que j’ai sélectionnés pour vous pour le Festival ImagéSanté de Liège http://www.imagesante.be ! Des films en sélection documentaire et d’autres pour une journée spéciale “santé et environnement” dans une optique plus éducative.

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