Bousse nabab – les Maîtres-chèvres

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Rémi est un paysan flamand. Il tire sa vocation de son enfance. Non pas que sa famille l’ai incité à reprendre une exploitation familiale, loin de là. Son père lui répétait même de « bien étudier, ainsi, il n’aura pas à devenir paysan ». Sa vocation lui vient d’ailleurs, de l’émotion de sa mère qui, regardant le journal télévisé, s’émouvait de voir des enfants mourir de faim en déplorant qu’il devait être terrible pour une mère de voir ses enfants affamés. Cette émotion, il en a été témoin, et touché, a décidé qu’il était là le grand défi pour l’avenir de l’humanité : que tout le monde mange à sa faim, et ce, sans détruire la planète.

Ainsi, quelques années plus tard, il fonde le mouvement « Paysans sans frontière » et accompagne des paysans du Burkina Faso et d’ailleurs dans l’adoption de nouvelles pratiques agricoles durables.

Ce que Remi répète plusieurs fois à l’écran, c’est qu’il est important de ne pas faire à la place des autres. Il faut rendre les paysans du monde autonomes dans leurs pratiques. Sa devise : « voir, faire, comprendre et adapter à sa propre réalité ».

Dans ce portait, on le voit qui aime mettre la main à la pâte, se déplacer, face à la caméra on le sent animé d’une vrai volonté de convaincre appuyant ses propos par de larges gestes des mains.

Le film raconte la démarche de ce paysan au franc-parler qui revient sans arrêt au faire et au travail quotidien. Direct mais sensible, se trouvant à l’étroit dans les labels, ses ambitions sont grandes mais à la hauteur du défi qui attend l’humanité à la fin de ce siècle.

film disponible chez PointCulture

Frédérique Müller

 

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La fête des possibles

Bandeau

 

Le mode de vie moderne, fondé sur la croissance et l’abondance des combustibles fossiles, s’épuise. Différentes études se complètent pour conclure à la fin du modèle économique du capitalisme industriel, et ce, probablement avant la fin du XXIe siècle. Comme premiers signaux, les différentes crises qui se succèdent et se font échos : économiques, sociales, politiques, environnementales, etc.

Ce constat pousse à imaginer des alternatives et redéfinir des concepts clés comme le progrès, la prospérité et tout un système de valeurs. Il ne s’agit pas seulement de survivre aux changements climatiques et à la fin du pétrole mais de construire une société qui puisse mieux répondre aux besoins essentiels des humains, qu’ils soient physiques, psychologiques ou même spirituels.

Sur ce vaste chantier de réflexion et d’expérimentation, le citoyen occupe une place essentielle. Depuis plusieurs dizaines d’années, certains ont commencé à expérimenter des alternatives dans des domaines variés tels que l’économie, l’alimentation, l’énergie, la consommation, l’éducation, etc. Ensemble, ces initiatives concourent à provoquer un véritable bouleversement culturel par les changements de cadres qu’elles opèrent.

Pour découvrir, comprendre et soutenir ces initiatives, une Fête des possibles se tiendra en Belgique et en France du 18 au 30 septembre.

Activités dans les PointCulture

PointCulture soutient la fête des possibles et y participe à sa manière en proposant des activités qui interrogent notre rapport à la ville dans le cadre de sa thématique URBN.

Une journée entière consacrée à la ville poétique au PointCulture Liège

Un atelier de construction de mobilier urbain avec des matériaux de récupération au PointCultureNamur

Dix films à voir – et disponibles chez PointCulture

Ci-dessous, une sélection de dix films qui permettent de découvrir des initiatives dans des domaines variés (alimentation, énergie, mobilité, etc.), en Belgique et ailleurs, mais aussi d’aborder des questions de fond :

En quête de sens, un voyage au-delà de nos croyances (Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière, 2015)

Demain (Mélanie Laurent et Cyril Dion,  2015)

Cultures en transition (Nils Aguilar, 2012)

La Possibilité d’être humain (Thierry Krugger et Pablo Girault, 2013)

L’Urgence de ralentir (philippe Borrel, 2014)

Sur les routes d’une Belgique sans carbone (Alexander Van Waes, 2015)

Les Liberterres (Jean-Christophe Lamy – Paul-Jean Vranken, 2009-2015)

Visions citoyennes 1 et 2 (Christophe Joly, 2013)

Tout s’accélère (Gilles Vernet, 2016)
Et bien d’autres en cours d’acquisition…

Et sur le web

On passe à l’acte : un site passionnant abritant des interviews de porteurs d’initiatives et des réflexions

Le Flipper de la transition : un web documentaire dynamique sur des initiatives de transition belges

Pour aller plus loin…

Outre l’intérêt évident qu’apportent les initiatives de transition en termes d’expérimentation pratique et d’innovation dans la conception d’une société sans pétrole, d’autres apports majeurs naissent de l’analyse des différents processus à l’œuvre dans la mise en place de ces alternatives : réflexion sur les méthodes de travail participatif, soin accordé aux processus émotionnels, remise en question des contextes culturels et historiques qui fondent une société, etc. Pour découvrir ces aspects, voici quelques références à consulter :

Une conférence filmée sur la collapsologie et la transition avec Pablo Servigne, co-fondateur du concept de collapsologie et Vincent Wattelet du réseau Transition belge lors d’une conférence donnée en juin 2017 au PointCulture Bruxelles dans le cadre de la thématique Nature Culture :

 

Un livre : Petit traité de résilience locale, en collaboration avec Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton, 2015, Éditions Charles Leopold Mayer.

Un article dans la revue Culture et Démocratie n° 44 de janvier 2017 sur l’imaginaire du futur avec Vincent Wattelet (réseau Transition) et Frédérique Müller (PointCulture) :

Une revue : le numéro 123 (septembre/octobre) de Imagine, demain lemonde – « Vivre en préparant la fin du monde »
Frédérique Müller


fete-des-possibles.org

En quête de sens

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Ce film est le récit de la prise de conscience d’un dysfonctionnement à la fois sur le plan sociétal et sur le  plan personnel pour Marc de la Ménardière, narrateur et co-auteur de ce récit filmé par son ami d’enfance qu’il vient de retrouver.

 

Marc travaille pour une multinationale de commerce d’eau en bouteille à New York lorsqu’il se casse le pied et, immobilisé, s’attaque à une pile de films documentaires sur la marchandisation du monde recommandés par un ami d’enfance en visite. Il prend alors conscience qu’il fait partie du problème et décide de se joindre à son ami, Nathaël Coste pour comprendre comment amener le changement.

 

Combinant une quête personnelle de retrouver du sens à la vie à un besoin de compréhension des mécanismes, c’est un film sur le chemin parcouru, tant en termes de kilomètres autour du monde que d’heures de réflexion (et très certainement aussi de montage). Ce chemin est fait de découvertes, de questions et surtout de rencontres.

 

Avec des sensibilités et des pratiques différentes, chaque intervenant, à sa manière, offre des possibilités. Le film rapporte ainsi la parole de scientifiques, d’historiens, d’économistes, de chamans et de guides spirituels, de penseurs et de militants. Toutes les personnes sont interrogées avec curiosité et enthousiasme. Au spectateur ensuite de faire son propre chemin, son propre travail de digestion pour s’interroger sur ces choix que nous faisons en ayant souvent pas ou trop peu réfléchis. L’envie d’aller à chaque fois plus loin dans la complexité que sur le plan personnel se lit dans le regard des deux amis.

 

Ce film ose aller là où beaucoup d’autres s’arrêtent en s’aventurant sur la voie de l’introspection ; de la spiritualité, de ce que la volonté de changement opère en soi. Il aborde ainsi des aspects essentiels aujourd’hui. Un film ambitieux et réussi.

Film disponible chez PointCulture

Frédérique Muller

Résistance naturelle

En Italie, ils cultivent, discutent et racontent. Au milieu de leurs rangs de vigne, aux terrasses des cafés, entre amis, en famille, ces vignerons partagent leurs réflexions avec la caméra. Ce qu’ils ont en commun, la résistance. Résister contre l’industrie, les modèles normatifs modernes qui brident, contraignent et asservissent les pratiques agricoles.

Dès le début du film, des extraits de vieux films interrompent le discours. Parfois pour lui faire échos, parfois pour l’introduire, souvent pour tout autre chose. Ces insertions amènent le spectateur à s’interroger, au-delà des faits explicitement rapportés, sur les représentations que le réalisateur place ainsi dans le champ : liberté ; contestation… Au spectateur alors de les recevoir librement en fonction de leur sensibilité et références.

Le responsable de la cinémathèque de Bologne explique par ailleurs l’importance de la sauvegarde des archives, de la compréhension du passé. Avec cette séquence, le réalisateur souhaite explicitement faire apparaitre un lien entre le cinéma et le vin, ou plus précisément, entre faire un film et faire du vin. En art, comme en agriculture, l’histoire est une expérience sociale. Il faudrait comprendre l’agriculture comme une chose systémique et tentaculaire.

Il faut sans cesse être vigilant, critique, méfiant même car « Il y a toujours une intention ». Ainsi, ces vignerons délaissent-ils les filières AOC, domaine des industriels et se méfient-ils de l’Europe qui, en dehors de la monnaie, ne s’est intéressée à l’agriculture que parce qu’elle procure le contrôle. Ils argumentent, développent et on se laisse rapidement convaincre.

Le film témoigne aussi d’une vision de la terre, du sol, du système racinaire, des végétaux. La chimie du carbone devient alors l’occasion d’une métaphore autour de l’influence de l’industrie sur le monde : « Les hommes se vident de leur énergie vitale, en modifiant par la pétrochimie, la chimie du carbone des végétaux, ils se recroquevillent ».

Il faut donc réapprendre le goût des choses, du vin, de la culture, de la vie.

A côté de cette résistance face à l’écrasant rouleau normatif économique, une conception de la terre. La terre comme système vivant, terroir et patrimoine.

Le développement durable : illusion motrice ou antinomie mystificatrice ?

Les années 90’ ont vu naître l’émergence du « développement durable ». Derrière les mots, un projet politique qui façonne les esprits et envahit l’imaginaire collectif mais que certains considèrent aujourd’hui comme obsolète, voire contre-productif, notamment lorsqu’il devient une finalité éducative.

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« Développement » : En janvier 1949, le président américain Truman fait l’apologie du développement dans un discours qui scinde la planète en deux : les pays développés et les pays sous-développés. Depuis, de nombreuses organisations mondiales ou programmes soutenus par elles ont adopté le vocabulaire et le concept. Pour certains, ce mythe du développement agit aujourd’hui comme un outil de domination qui s’est progressivement substitué au colonialisme.

« Durable » : D’après le rapport Bruntland en 1987, le développement durable doit « répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins ». Consacré en 1992 lors du Sommet de Rio mais restant imprécis, il est souvent expliqué à l’aide d’un schéma : 3 sphères, la société, l’économie et l’environnement, qui se croisent en un point. De nombreux secteurs se sont ainsi emparés de ce paradigme pragmatique pour donner naissance à des pratiques repensées telles que le tourisme durable, le commerce durable, la ville durable, etc. Pour Edwin Zaccaï, le développement durable est une illusion motrice : un terme mal défini mais qui permet d’agir. L’environnement représente ici un ensemble de ressources à exploiter et les 3 sphères apparaissent comme des entités exogènes, inégales et mal définies qui interrogent aussi sur le sens des grandes zones de non-rencontre que le schéma propose.

Par ailleurs, dans un contexte de prise de conscience des ressources naturelles limitées et d’accroissement des inégalités sociales, l’enjeu n’est plus d’aménager toujours le même modèle de croissance pour lui permettre de durer davantage et pour Lucie Sauvé, « Ce concept n’a pas l’envergure éthique pour devenir un projet de société ». Serge Latouche parle lui de l’antinomie mystificatrice de l’expression, lui préférant l’idée de la décroissance.

Les illusions motrices : Les réalisations du développement durable – deTE9101 à TE9106.
L’antinomie mystificatrice : Visions citoyennes : Repenser la consommation & Penser la transition – TL9011 & TL9012

Retrouvez cet article dans le nouveau numéro du magazine Détours consacré aux années 90 !

Les damnés de la mer

 

Quand la petite barque disparaitra…

Des bateaux de pêche et des barques bleues tanguent et s’entrechoquent au grès des petites vagues du port. Un peu plus loin, sur un tapis, 4 ou 5 poissons morts. « Essaouira, premier port sardinier du monde, c’est fini » regrette un homme en voix off. Des hommes à casquette discutent. Ces pêcheurs marocains savent ne pas pouvoir lutter contre les chalutiers étrangers lourdement équipés : « Ils harcèlent les petits pélagiques qui sont en pleine saison de ponte… et ne nous laissent rien… De notre temps, il ne fallait pas aller si loin, le poisson venait jusqu’au port… Aujourd’hui il faut chercher pendant 2 ou 3 jours…».

A Daklha, 200 kilomètres plus au sud, toujours ces petites barques bleues sur des plages jonchées de tas de divers et constructions faites de bois et d’épais tissus troués. Quelques hommes sont venus ici avec l’espoir d’une pêche miraculeuse mais sont finalement immobilisés par un interdit de pêche. Alors que la sécheresse sévit et que les familles cherchent à se nourrir, au large, les chalutiers ramassent par tonnes les prises qui ne nourriront pas la population locale. Incrédules devant cette interdiction de pêche motivée par la protection des stocks de poisson, ils savent que ces bateaux ramassent en pleine mer ce qui leur est interdit. Buvant du thé, ils discutent, loin des leurs, et laissent échapper des rires désespérés quand ils évoquent leur impossible situation à l’ombre d’une tente de fortune.

En pleine mer, à portée de regard depuis la côte, à bord d’un navire suédois, des hommes s’affairent. Le capitaine explique que la politique suédoise en matière de pêche les a contraint à trouver de nouveaux territoires à prospecter : « Ici, pas de problème de quotas » et à l’écran, des flots de petits poissons remplissent les cales. 200 tonnes à cet instant.

Retour à terre dans l’intimité d’une discussion entre mères. Elles espèrent le retour des hommes avec de quoi payer la fête du mouton qui approche. L’une d’elle mendie un calamar, elle le revendra plus tard : « La vie de ma fille dépend du poisson ». 16 ans de mendicité pour cette mère qui ne réussit à envoyer son enfant à l’école que grâce aux poissons que les pêcheurs veulent bien lui laisser. Le soleil se couche sur la plage qui n’accueille désormais que barques vides et cadavres secs de poissons. Les hommes bravent parfois l’interdit et ramènent une maigre prise qui n’excède jamais les 5 ou 6 kilos de poissons. Ils évoquent en mangeant la récente révolte des pêcheurs durement réprimée à Larache. Le vent souffle fort. Les tonnes de poisson stockées dans les cales du chalutier suédois seront exportées au Brésil, Ghana, Egypte, Argentine, …

Ainsi se déroule ce documentaire qui fait se répondre des moments de vie de différents personnages et peint, par petites touches, le portrait de quelques acteurs de la situation catastrophique de la pêche commerciale actuellement : un marin suédois ayant quitté tôt l’école et dont on devine le parcours difficile ; des pêcheurs marocains interdits de pêche qui se demandent comment oser revenir au village sans argent ; d’autres qui travaillent à bord du chalutier suédois et échangent sur les iniquités qu’ils observent entre les travailleurs de la pêche dans le monde ; le tenant d’une épicerie de fortune sur la plage de Dakhla qui incite les hommes à la pêche frauduleuse ; une mère qui mendie le poisson et rêve d’obtenir un permis de pêche jusqu’ici refusé aux femmes afin de subvenir aux besoins de sa famille.
Ce beau film informatif, militant et sensible montre comme la pêche artisanale marocaine pratiquée à bord de ces petites embarcations est une activité essentielle pour l’économie et l’alimentation locales. Mais depuis quelques années, les sardines ont déserté la côte. Le ministère de la pêche a signé des accords avec l’Union européenne, le Japon, la Russie et certains pays du continent africain. Quand les stocks seront épuisés à Dakhla sous l’effet de cette économie capitaliste dévorante et assassine, les pêcheurs iront ailleurs. Ainsi, la mer se vide-t-elle de ses poissons, pillée par les chalutiers le long des côtes, privant la population côtière de ressources alimentaires vitales et menaçant l’écosystème marin (environ les trois quarts des réserves marines surveillées sont à présent complètement exploitées, surexploitées, voire même épuisées – sources : rapport SOFIA 2008).

L’Anthropocène : 15 films et 1 conférence

 

L’anthropocène : un terme autour duquel se rassemblent géologues, climatologues, écologues, historiens et philosophes. Une ère géologique nouvelle marquée par la puissance de l’impact des activités humaines, l’humanité se révélant en même temps incapable de maitriser les effets de ce flot d’innovations technologiques et de dégradations de l’environnement dopé par un modèle de vie consumériste qui refuse les limites. L’Homme est désormais capable de modifier le système Terre, depuis son incidence sur le minuscule (cycle de l’azote ou du phosphore par exemple) jusqu’aux phénomènes systémiques complexes comme le climat de la planète.

Cette ère nouvelle, pour être officialisée par la commission internationale de stratigraphie, doit attendre une décision en 2016. Certains scientifiques la font commencer bien avant, mais elle aurait débuté avec l’ère thermo-industrielle, quand déjà, les pénuries de ressources naturelles ont motivé l’invention de la machine à vapeur. Depuis, des bateaux de pêche toujours plus efficaces et mieux armés pour des prises qui se font de plus en plus rares, une 6e crise d’extinction des espèces, le réchauffement climatique, la déforestation, l’appauvrissement des sols agricoles, l’acidification des océans, etc.

Avant 2016, voici un rapide aperçu en 15 titres de l’impact des activités humaines pour repenser la notion de progrès telle qu’on la définit depuis le 19e siècle sous l’influence du modèle industriel :

 

the great squeeze couvThe Great Squeeze – TM4231 : Remettre en question un modèle de développement en examinant les grandes crises écologiques et économiques actuelles.

Simplicité volontaire  et décroissance, volume 3 – TL7983 : Poser les bases philosophiques pour un regard critique sur un mode de vie consumériste qui détruit la nature et l’humanité.

Regards de climatologues – TP7151 : Comprendre le rôle du dioxyde de carbone et poids actuel des activités humaines sur son cycle et le climat.

Mister Carbone – TM5474 : Comprendre le lien entre le modèle économique et industriel et l’impact des émissions de dioxyde de carbone.

Tipping Point – TM8551 : Faire le lien entre le réchauffement climatique et les modifications de l’écosystème marin (acidification et perte de biodiversité).  

Gulf Stream, le talon d’Achille du climat – TM4361 : Mesurer l’importance des mécanismes de régulation du climat comme le Gulf Stream et imaginer les conséquences de leur perturbation.

Notre pain quotidien – TL6431 : Découvrir les processus modernes de production alimentaires sous l’influence du modèletipping pointb industriel.

Lovemeatender – TN4391 : Comprendre sous un angle systémique les problèmes de la production alimentaire à l’aide d’un exemple : la production de viande.

La fièvre de l’or – TM3931 : Regarder les ravages des techniques d’orpaillage sur l’environnement naturel et social : déforestation, violence, empoisonnement au mercure, etc.

Losing Tomorrow – TM5091 : Déplorer la destruction de la biodiversité végétale et animale, notamment la destruction de la population  d’orang-outang, suite aux activités de l’industrie du bois en Indonésie.

The End Of The Line – TM3760 : Découvrir, de la Grande-Bretagne au Sénégal, en passant par la Chine ou les Etats-Unis, le pillage des ressources marines.

Accros au plastique – TM0251 : Découvrir la pollution de l’environnement par résidus de plastique jusqu’à la formation de gigantesques vortex à la surface des océans.

La grande invasion : Comprendre le lien entre modèle de consommation et production de déchets à l’aide de l’invasion des matières synthétiques comme le plastique.

un nuage sur le toit du monde couvUn nuage sur le toit du monde – TM8975 : Découvrir les nuages noirs de pollution atmosphérique à 5000 m d’altitude dans l’Himalaya où l’air est désormais tout autant pollué que dans les villes d’Europe pour mettre en évidence les liens entre pollution, réchauffement climatique, système hydraulique et agriculture de la région.

Into Eternity – TW4841: S’interroger sur les notions de responsabilité à très long terme de notre mode de vie actuel avec l’exemple de l’enfouissement des déchets radioactifs dans le sous-sol finlandais pour une durée d’au moins cent mille ans.

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus : RDV le 21.02.14 au PointCulture de Bruxelles Centre pour la conférence :

L’événement anthropocène : une révolution géologique d’origine humaine

Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences au CNRS, fait le récit des impacts humains sur l’environnement dans son livre « L’événement anthropocène » (Seuil 2013) et nous invite à vivre et agir politiquement autrement. Il met en cause nos idées reçues sur notre prétendue « prise de conscience environnementale ». Histoire d’une nouvelle ère géologique qui appelle l’émergence de pratiques culturelles adaptées aux enjeux environnementaux.

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La clé volée de la cité du grain

– 2 voies pour 1 film –

« Entretien fragmenté » 

avec Jean-Christophe Lamy et Paul-Jean Vranken,

réalisateurs de La clé volée de la cité du grain.

Aux réalisateurs, le mot du début et celui de la fin. Entre les deux, des allers et retours entre sa parole et le souvenir de quelques séquences du film restées vives pour moi, spectatrice. Des fragments d’images et de discours se répondent, deux voix se mêlent autour du documentaire « La clé volée de la cité du grain », le portrait d’un agriculteur sicilien qui défend des variétés anciennes de blé au nom l’avenir de l’agriculture et de la civilisation.

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 J-C L & P-J V : « Nous accordons davantage d’importance à la qualité émotionnelle, subjective des personnages qu’à l’objectivité de leurs propos. Ils doivent assumer le contenu de leur discours, contenu qui a pour objectif d’être discuté et remis en cause lors des projections. Les « Liberterres »  n’est pas un produit promotionnel de l’agriculture durable, mais une réflexion sur ce type d’agriculture face au système agro-alimentaire dans le monde. »

cle volee1Des portraits pour témoigner – de 0’ à 4’54 :

Un homme est assis dehors. Sur une table devant lui sont posés une cafetière italienne, une petite tasse blanche et un pain dont il coupe une tranche. Il s’apprête à parler de son métier d’agriculteur et de ses choix. Il commence : « Ce pain est à moi… Je sais ce qu’il contient parce que je dois le donner à mes enfants ». Puis il regarde la caméra, gros plan, musique et générique.

Le discours de Giuseppe Li Rosi constitue le fil du documentaire. Son point de vue guide le cadre de l’image. Il a pris du recul face à son métier, sa pratique et les modèles. Derrière lui, la caméra montre un champ de blé qu’on imagine être le sien et qui s’étend jusqu’à l’horizon. L’homme est ainsi souvent filmé. La mise en perspective de l’image souligne celle des propos de Giuseppe qui ancre ses choix dans le fil du temps, depuis l’histoire la civilisation jusqu’aux générations qui lui succèderont. Des images du paysage agricole et des extraits de la vie du village interrompent la parole pour mieux lui donner de la profondeur : son d’une cloche, piaillements des oiseaux, un tracteur progresse lentement dans les ruées étroites et pavées du village, des draps blancs sèchent suspendus à une fenêtre, des hommes discutent nonchalamment sur le perron de la mairie. Plus loin dans le film : les cris d’enfants et les bavardages au café, la foule bruyante qui sort de l’église. Nous sommes au centre de la Sicile, à Raddusa, la cité du grain. Les choses semblent ici ne pas s’astreindre au rythme et aux machines du progrès. En apparence seulement car, déjà une première tâche dans le tableau : l’histoire du CRESO, base de tous les blés modernes dont Giuseppe raconte la fabrication par modification génétique en 1974 et son lien suspecté avec la maladie cœliaque.

Le film est le premier d’une série de témoignages d’agriculteurs porteurs d’alternatives : de véritables portraits.

J-C L & P-J V : « Chaque agriculteur fait l’objet d’un « casting » soigneux dans la mesure où la qualité de contenu thématique et émotionnel de chaque épisode repose entièrement sur ses épaules : il n’y a pas de commentaire journalistique de notre part, chaque épisode est construit à partir du discours – les interviews – de l’agriculteur.

 Il doit aussi posséder un certain charisme, une capacité de communiquer aisément devant une caméra. Il doit être convaincu et convainquant dans sa rébellion contre l’agriculture conventionnelle. Bref, il doit être un personnage « fort » auquel le spectateur pourra s’identifier tout au long de l’épisode. »

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La rébellion pour la liberté – de 4’54 à 8’42 :

« On a plastifié la terre ». Cette terre agricole devenue morte faute d’avoir été considérée comme un système vivant. Traitée comme un simple substrat, elle a été fortement altérée par l’agriculture intensive et son recours massif aux intrants pétrochimiques. Parallèlement les semences ont-elles aussi été modifiées et « la nourriture est devenue insalubre ». Dans le sillage de la standardisation des semences et des pratiques : la fragilité des nouvelles variétés, la perte de biodiversité et la dépendance des agriculteurs aux firmes agro-alimentaires. Partout dans le monde, des individus se rebellent contre ce système. Giuseppe est l’un deux. Dans un de ses champs encore cultivé de manière conventionnelle, il tire un brin de blé à l’allure fragile et chétive. Il explique la fragilité de ces nouvelles semences sujettes aux maladies et réclamant des traitements chimiques dont des traces persistent jusqu’à l’assiette. « Je n’ai jamais rencontré ces problèmes avec les blés anciens ». Accompagné d’un ingénieur agronome à la station expérimentale de graniculture, il manipule cette fois des épis généreux qui tintent dans le vent. Ensemble, ils admirent la résistance et la beauté de ces variétés anciennes et robustes dont beaucoup ne sont aujourd’hui plus cultivées. Ici, le blé danse. Il chante même, agité par le vent et bien enraciné dans la terre dont il tire sa force. La musique qui accompagne ces images est faite de petits arpèges qui évoquent un univers jazz fait d’improvisations, de liberté, de notes dissidentes, libres mais respectueuses de l’ensemble mais aussi de résistance et de refus de la routine. Ainsi l’image et le son appuient le propos de Giuseppe dans une véritable rencontre entre l’esthétique du film et son discours.

J-C L & P-J V : « Nous nous intéressons depuis plus de 15 ans aux problèmes de l’alimentation, de l’agriculture durable – biologique, biodynamique, permaculture, etc. – et de la protection de l’environnement. En tant que correspondant auprès de la Commission européenne, nous avons réalisé plusieurs reportages TV sur l’agriculture, l’incidence des pesticides sur la santé et les énergies renouvelables en Europe. Nous réalisons aussi des vidéos depuis plus de 10 ans pour des entreprises et des coopératives qui travaillent dans le domaine de l’agriculture biologique. Cultiver la terre de manière durable, produire des denrées alimentaires sans danger pour la santé, c’est se rebeller contre l’ordre économique imposé par l’industrie agro-alimentaire.

Ces paysans rebelles dont nous faisons le portrait affirment qu’une agriculture durable pourrait nourrir le monde avec ses 9 milliards d’habitants d’ici 2050. Ils en sont le témoignage vivant. Les ayant côtoyés depuis une dizaine d’années, les ayant écoutés, interviewés, filmés, nous les avons trouvés courageux, engagés, réalistes et souvent émouvants dans leur combat de David contre le Goliath de l’industrie agro-alimentaire. C’est pourquoi nous leur donnons la parole et l’image à travers ce projet de documentaire appelé « Les Liberterres ». Leur discours est celui de la dignité et de la liberté. 

Nous accordons beaucoup d’importance à l’esthétique du film. Il ne s’agit pas de reportages, mais de documentaires de création.

La postproduction : derush, traductions, montage, etc. prend de 2 à 3 mois.

La musique est composée par des artistes connus.

Dans la mesure où il s’agit à la fois d’Activisme et d’Art, on pourrait dire que le projet Les Liberterres est une forme d’«Artivisme »

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L’échos du discours – de 16’15 à 26’50 :

« Les populations qui souffrent actuellement de la famine sont celles à qui on a enlevé la coltura (la culture) et la cultura (la cultivation) ». Chérissant sans écraser, Giuseppe tient entre ses mains une poignée d’épis à l’allure généreuse. Il s’enthousiasme en pensant que cette variété était celle cultivée par les romains, les grecs et les sicans il y a 1000 ans. Il tient là la clé de la civilisation. « Le blé est la clé qui a ouvert la porte à l’évolution de notre civilisation». Il inscrit sa démarche dans une cohérence avec le temps, la nature et « des entités supérieures … Il faut se mettre d’accord avec la nature, ne pas la contraindre, ni la forcer ou l’asservir … Quand je sème un blé ancien, je sème pour l’avenir ». Il s’agit de retrouver du lien entre les choses, mais aussi entre les hommes. Le discours entre en résonnance avec un autre point de vue. Celui d’un ingénieur agronome. On devine la connivence entre les hommes qui se tapent sur l’épaule et se sourient trahissant ainsi le souvenir de leurs longs échanges passés. La vision de Giuseppe est aussi partagée par les membres de sa famille lors d’un repas qui réunit les générations : des enfants, des grands-mères, les femmes.

J-C L & P-J V : « Depuis plus de 30 ans, des agriculteurs se sont rebellés contre l’ordre établi. Ils ont peu à peu commencé à cultiver et à produire différemment, c’est-à-dire en harmonie avec la vie. Leur approche n’est pas celle de nostalgiques d’un paradis perdu mais bien d’une nouvelle forme d’agriculture qu’ils qualifient eux-mêmes de ‘moderne’ parce qu’elle découle d’une connaissance approfondie de l’agriculture et de ses mécanismes. C’est aussi une nouvelle manière de penser la place de l’homme dans le monde.

Certaines séquences montrent aussi l’agriculteur en situation avec un autre personnage : celui-ci  peut être un intellectuel ou un chercheur qui apporte une dimension plus universelle à chacun des épisodes. »

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Propos recueillis par Frédérique Müller en juillet 2011

 

 

Taste the waste !

taste the waste couvTels les activistes d’un mouvement secret et illégal, les « déchetariens » œuvrent la nuit. Ils fouillent à la lampe torche les bennes des grandes surfaces à la recherche de produits alimentaires encore sains et parfaitement consommables. Voilà qui donne le ton. Limiter le gâchis alimentaire reste une pratique individuelle, étrange, nocturne et marginale que l’on se doit de justifier. D’une poubelle jaillissent alors un poisson, des grappes de raisins, des fruits et des légumes. Ils s’accumulent sur une table et composent à la manière d’un tableau classique flamand aux couleurs cramoisies l’évocation d’un festin attendu. Le générique préfigure de la suite qui déroule une véritable ode à la nourriture gaspillée sur une toile de fond couleur d’opulence. Le film révèle au grand jour les quantités industrielles de nourriture jetée par les grandes surfaces, très souvent plusieurs jours avant la date limite de péremption, et ce, au nom de « critères de qualité » qui garantissent des produits frais et de longue conservation. On remplit des bennes, des poubelles, des containers qui suintent du jus des aliments compressés. On se désole de ces images de destruction volontaire de nourriture encore comestible qui ponctuent le fil des interviews jusqu’à en devenir écœurantes. Problème de calibre, de couleur, de texture de peau, de taille, etc., une foule d’aliments sont éliminés pour des raisons esthétiques ou ergonomiques. Ainsi en est-il des concombres courbes inadaptés aux caisses rectangulaires de l’industrie, des pommes de terres trop petites ou trop grosses qui ont refusés la norme et des tomates pas assez dans le ton. Dans les sociétés industrielles, le système économique dévalorise la nourriture. Dans les pays producteurs, elle tend à devenir  inaccessible. Plus que filmer le gaspillage, le documentaire dénonce le modèle économique qui le permet, plus encore l’organise. C’est cette surabondance dans les pays industrialisés qui permet l’établissement de critères de sélection tels que calibres, taille, couleur, etc. et c’est ce gâchis qui provoque la dévalorisation boursière de la nourriture. La faim n’est pas un problème de ressources. « Avec ce que jettent l’Europe et l’Amérique du Nord, on a de quoi nourrir 3 fois les affamés ». « Chaque année 90 millions de tonnes d’aliments sont mis à la poubelle en Europe ». Des conclusions et des constats clôturent les chapitres du film sur fond noir. Des aliments frais débordent des poubelles alors que certains meurent de faim, des poissons s’empilent au marché de Rungis alors que la ressource halieutique s’effondre. Le film montre des situations contrastées mais liées comme les deux facettes d’un même modèle puis passe en revue d’autres dommages collatéraux : problèmes fonciers dans les pays producteurs, impact sur le climat et pratiques agricoles qui appauvrissent la biodiversité. Des liens sont faits entre ce qu’on trouve dans les grandes surfaces et les conditions de vie des paysans, entre le gâchis quotidien ici et la crise alimentaire là-bas, entre les comportements et leurs conséquences ultérieures avec les émissions de gaz à effets de serre. Le local et l’individuel sont mis en perspective avec le global et le systémique. Jeter son vieux pain du soir participe ainsi aux crises alimentaires dans les pays en développement. Au terme de ce tableau très sombre et dans lequel le film nous a fait prendre une part de responsabilité, le DVD propose dans ses bonus et autres prolongements sur le site web du film, des idées et suggestions pour participer au « mouvement ». Alors, à table !

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