La clé volée de la cité du grain

– 2 voies pour 1 film –

« Entretien fragmenté » 

avec Jean-Christophe Lamy et Paul-Jean Vranken,

réalisateurs de La clé volée de la cité du grain.

Aux réalisateurs, le mot du début et celui de la fin. Entre les deux, des allers et retours entre sa parole et le souvenir de quelques séquences du film restées vives pour moi, spectatrice. Des fragments d’images et de discours se répondent, deux voix se mêlent autour du documentaire « La clé volée de la cité du grain », le portrait d’un agriculteur sicilien qui défend des variétés anciennes de blé au nom l’avenir de l’agriculture et de la civilisation.

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 J-C L & P-J V : « Nous accordons davantage d’importance à la qualité émotionnelle, subjective des personnages qu’à l’objectivité de leurs propos. Ils doivent assumer le contenu de leur discours, contenu qui a pour objectif d’être discuté et remis en cause lors des projections. Les « Liberterres »  n’est pas un produit promotionnel de l’agriculture durable, mais une réflexion sur ce type d’agriculture face au système agro-alimentaire dans le monde. »

cle volee1Des portraits pour témoigner – de 0’ à 4’54 :

Un homme est assis dehors. Sur une table devant lui sont posés une cafetière italienne, une petite tasse blanche et un pain dont il coupe une tranche. Il s’apprête à parler de son métier d’agriculteur et de ses choix. Il commence : « Ce pain est à moi… Je sais ce qu’il contient parce que je dois le donner à mes enfants ». Puis il regarde la caméra, gros plan, musique et générique.

Le discours de Giuseppe Li Rosi constitue le fil du documentaire. Son point de vue guide le cadre de l’image. Il a pris du recul face à son métier, sa pratique et les modèles. Derrière lui, la caméra montre un champ de blé qu’on imagine être le sien et qui s’étend jusqu’à l’horizon. L’homme est ainsi souvent filmé. La mise en perspective de l’image souligne celle des propos de Giuseppe qui ancre ses choix dans le fil du temps, depuis l’histoire la civilisation jusqu’aux générations qui lui succèderont. Des images du paysage agricole et des extraits de la vie du village interrompent la parole pour mieux lui donner de la profondeur : son d’une cloche, piaillements des oiseaux, un tracteur progresse lentement dans les ruées étroites et pavées du village, des draps blancs sèchent suspendus à une fenêtre, des hommes discutent nonchalamment sur le perron de la mairie. Plus loin dans le film : les cris d’enfants et les bavardages au café, la foule bruyante qui sort de l’église. Nous sommes au centre de la Sicile, à Raddusa, la cité du grain. Les choses semblent ici ne pas s’astreindre au rythme et aux machines du progrès. En apparence seulement car, déjà une première tâche dans le tableau : l’histoire du CRESO, base de tous les blés modernes dont Giuseppe raconte la fabrication par modification génétique en 1974 et son lien suspecté avec la maladie cœliaque.

Le film est le premier d’une série de témoignages d’agriculteurs porteurs d’alternatives : de véritables portraits.

J-C L & P-J V : « Chaque agriculteur fait l’objet d’un « casting » soigneux dans la mesure où la qualité de contenu thématique et émotionnel de chaque épisode repose entièrement sur ses épaules : il n’y a pas de commentaire journalistique de notre part, chaque épisode est construit à partir du discours – les interviews – de l’agriculteur.

 Il doit aussi posséder un certain charisme, une capacité de communiquer aisément devant une caméra. Il doit être convaincu et convainquant dans sa rébellion contre l’agriculture conventionnelle. Bref, il doit être un personnage « fort » auquel le spectateur pourra s’identifier tout au long de l’épisode. »

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La rébellion pour la liberté – de 4’54 à 8’42 :

« On a plastifié la terre ». Cette terre agricole devenue morte faute d’avoir été considérée comme un système vivant. Traitée comme un simple substrat, elle a été fortement altérée par l’agriculture intensive et son recours massif aux intrants pétrochimiques. Parallèlement les semences ont-elles aussi été modifiées et « la nourriture est devenue insalubre ». Dans le sillage de la standardisation des semences et des pratiques : la fragilité des nouvelles variétés, la perte de biodiversité et la dépendance des agriculteurs aux firmes agro-alimentaires. Partout dans le monde, des individus se rebellent contre ce système. Giuseppe est l’un deux. Dans un de ses champs encore cultivé de manière conventionnelle, il tire un brin de blé à l’allure fragile et chétive. Il explique la fragilité de ces nouvelles semences sujettes aux maladies et réclamant des traitements chimiques dont des traces persistent jusqu’à l’assiette. « Je n’ai jamais rencontré ces problèmes avec les blés anciens ». Accompagné d’un ingénieur agronome à la station expérimentale de graniculture, il manipule cette fois des épis généreux qui tintent dans le vent. Ensemble, ils admirent la résistance et la beauté de ces variétés anciennes et robustes dont beaucoup ne sont aujourd’hui plus cultivées. Ici, le blé danse. Il chante même, agité par le vent et bien enraciné dans la terre dont il tire sa force. La musique qui accompagne ces images est faite de petits arpèges qui évoquent un univers jazz fait d’improvisations, de liberté, de notes dissidentes, libres mais respectueuses de l’ensemble mais aussi de résistance et de refus de la routine. Ainsi l’image et le son appuient le propos de Giuseppe dans une véritable rencontre entre l’esthétique du film et son discours.

J-C L & P-J V : « Nous nous intéressons depuis plus de 15 ans aux problèmes de l’alimentation, de l’agriculture durable – biologique, biodynamique, permaculture, etc. – et de la protection de l’environnement. En tant que correspondant auprès de la Commission européenne, nous avons réalisé plusieurs reportages TV sur l’agriculture, l’incidence des pesticides sur la santé et les énergies renouvelables en Europe. Nous réalisons aussi des vidéos depuis plus de 10 ans pour des entreprises et des coopératives qui travaillent dans le domaine de l’agriculture biologique. Cultiver la terre de manière durable, produire des denrées alimentaires sans danger pour la santé, c’est se rebeller contre l’ordre économique imposé par l’industrie agro-alimentaire.

Ces paysans rebelles dont nous faisons le portrait affirment qu’une agriculture durable pourrait nourrir le monde avec ses 9 milliards d’habitants d’ici 2050. Ils en sont le témoignage vivant. Les ayant côtoyés depuis une dizaine d’années, les ayant écoutés, interviewés, filmés, nous les avons trouvés courageux, engagés, réalistes et souvent émouvants dans leur combat de David contre le Goliath de l’industrie agro-alimentaire. C’est pourquoi nous leur donnons la parole et l’image à travers ce projet de documentaire appelé « Les Liberterres ». Leur discours est celui de la dignité et de la liberté. 

Nous accordons beaucoup d’importance à l’esthétique du film. Il ne s’agit pas de reportages, mais de documentaires de création.

La postproduction : derush, traductions, montage, etc. prend de 2 à 3 mois.

La musique est composée par des artistes connus.

Dans la mesure où il s’agit à la fois d’Activisme et d’Art, on pourrait dire que le projet Les Liberterres est une forme d’«Artivisme »

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L’échos du discours – de 16’15 à 26’50 :

« Les populations qui souffrent actuellement de la famine sont celles à qui on a enlevé la coltura (la culture) et la cultura (la cultivation) ». Chérissant sans écraser, Giuseppe tient entre ses mains une poignée d’épis à l’allure généreuse. Il s’enthousiasme en pensant que cette variété était celle cultivée par les romains, les grecs et les sicans il y a 1000 ans. Il tient là la clé de la civilisation. « Le blé est la clé qui a ouvert la porte à l’évolution de notre civilisation». Il inscrit sa démarche dans une cohérence avec le temps, la nature et « des entités supérieures … Il faut se mettre d’accord avec la nature, ne pas la contraindre, ni la forcer ou l’asservir … Quand je sème un blé ancien, je sème pour l’avenir ». Il s’agit de retrouver du lien entre les choses, mais aussi entre les hommes. Le discours entre en résonnance avec un autre point de vue. Celui d’un ingénieur agronome. On devine la connivence entre les hommes qui se tapent sur l’épaule et se sourient trahissant ainsi le souvenir de leurs longs échanges passés. La vision de Giuseppe est aussi partagée par les membres de sa famille lors d’un repas qui réunit les générations : des enfants, des grands-mères, les femmes.

J-C L & P-J V : « Depuis plus de 30 ans, des agriculteurs se sont rebellés contre l’ordre établi. Ils ont peu à peu commencé à cultiver et à produire différemment, c’est-à-dire en harmonie avec la vie. Leur approche n’est pas celle de nostalgiques d’un paradis perdu mais bien d’une nouvelle forme d’agriculture qu’ils qualifient eux-mêmes de ‘moderne’ parce qu’elle découle d’une connaissance approfondie de l’agriculture et de ses mécanismes. C’est aussi une nouvelle manière de penser la place de l’homme dans le monde.

Certaines séquences montrent aussi l’agriculteur en situation avec un autre personnage : celui-ci  peut être un intellectuel ou un chercheur qui apporte une dimension plus universelle à chacun des épisodes. »

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Propos recueillis par Frédérique Müller en juillet 2011

 

 

Le zeste qui compte

Du plat débordant de graisses luisantes et de résidus chimiques à l’appétissante assiette colorée de légumes de saison, en passant par le plaisir d’un carré de chocolat croquant sous la dent, PointCulture vous propose avec le « Zeste qui compte » de s’informer, réfléchir et s’amuser sur le thème de l’alimentation.

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Ce que nous mettons dans nos assiettes, ce sont des vitamines, des minéraux et des protéines, un peu trop de sel parfois, trop de graisse souvent et au passage quelques résidus de pesticides.

Ce sont aussi des saveurs, des odeurs, des textures et des couleurs, fruits de plusieurs heures de travail en cuisine ou réchauffés quelques secondes au four à micro-ondes, faute de temps, d’inspiration ou d’envie.

Ce sont encore des histoires, celles dont on se souvient, celles qu’on transmet à ses enfants, celles que la société véhicule à travers les modes de production et de consommation, celles d’une civilisation.

Ce sont enfin des habitudes, des contraintes, des valeurs, des choix, des croyances et des questions aussi.

 

PointCulture propose ici une sélection de formes et de propos variés : de l’enquête au documentaire sonore, des chants de travail au cinéma de fiction, des films, des documentaires et des musiques, accompagnés d’interviews de réalisateurs, d’analyses, de réflexions et de quelques recettes et fiches pratiques. Le tout pour déconstruire, reconstruire, réinvestir l’imaginaire de la nourriture et se réapproprier les représentations afin de retrouver le goût du choix et le plaisir du goût.

 

Disponible sur notre site et en format papier dans les Médiathèques/PointCulture

Le territoire des autres

Le film devait être au départ un documentaire sur les animaux d’Europe. Tourné au début des années 70, il se démarque finalement des autres films du genre par l’absence de commentaire et de musique tout en accordant un soin tout particulier au travail de l’image et du son. La caméra est posée sur l’animal, le suit avec respect et concentration, sans grands effets de mise en scène. Les réalisateurs ont ainsi recueillis de superbes images étalonnées en 35 millimètres. Celles-ci ont ensuite été travaillées dans la plus grande précision comme une sculpture ou une toile, le montage guidé « par la beauté plastique et fascinante des images »*. Celles-ci ont défini l’organisation du film, sans recours par exemple à des plans de contre-champs ou d’autres images traditionnellement utilisées pour les raccords. Le film alterne les plans courts et longs, en fonction de leurs propriétés intrinsèques afin de respecter le temps dont elles ont besoin pour vivre à l’écran. Le travail du son à lui aussi fait l’objet d’un soin extrême dans sa synchronisation avec l’image. Le film a été pionnier en superposant aux images d’animaux des sons provenant d’autres sources : instruments, machines ou activités humaines. Le décalage produit libère l’image de son cadre. La poésie, la douceur, le mystère, parfois l’humour aussi se succèdent dans un pêle-mêle esthétique et rythmé : des lapins courent dans un champ labouré au son du TGV, un cerf se dissimule derrière un arbre dans le plus grand silence, une chouette semble fixer le spectateur sur un fond de percussions, on entend le vent, des cordes pincées, quelques fois aussi, le son utilisé est celui des animaux filmés. Ils sont immobiles, marchent ou volent, seuls ou en groupe, les animaux conservent ici leur liberté dans un flot de ruptures d’images et de rythmes. Le film est monté tel « une symphonie à voir »*, faisant se succéder plusieurs mouvements pour décrire le comportement animal : l’ouverture ; le premier mouvement avec les personnages et le décor ; le second consacré aux regards ; le troisième à la présence de l’animal ; le quatrième au mouvement ; le cinquième aux relations ; le sixième à la vie de famille puis le septième évoquant les notions de territoire et de sexualité mais aussi faisant intervenir de manière tout à fait inattendue dans le film, un discours. Le spectateur perçoit sans doute cette apparition soudaine d’un message de sensibilisation sans peut être savoir avec certitude quel sens lui donner. Enfin, le coda conclut. Michel Fano explique : « Ce néant qui fut l’origine, cette viscosité minérale qui était une promesse sont maintenant la fin. Peu à peu, la parole se tait, s’ensevelit puis se fige dans le silence de l’homme »*. Au-delà de la célébration de la beauté animale, le film raconte aussi l’histoire d’un regard posé sur la nature, un regard qui désigne et définit l’altérité.

territoire des autres

 

 

* : Michel Fano – 1970 – dossier de presse du film

 

La reine malade

la reine malade couvDans la région des Hautes-Laurentides au Canada, Anicet Desrochers, un jeune apiculteur s’émerveille devant la jolie couleur blanche et brillante de son miel. Mais la contemplation fait vite place à l’inquiétude, les abeilles se meurent. Le documentaire fait se répondre des moments informatifs sur le taux croissant de mortalité des abeilles et de belles séquences qui prennent leur temps pour montrer le travail d’un homme aux paroles simples et intelligentes. Au début du film, il est au téléphone, des pourcentages défilent, 10 %, 40 %, 25 %… ce n’est qu’un peu plus tard qu’on comprend qu’il s’agit du pourcentage de perte annuelle des ruches. Plus loin dans le film, lors du Congrès apicole de Montpellier en 2009, des scientifiques et des apiculteurs du monde se succèdent à l’estrade. Ils présentent leurs produits et témoignent de leurs difficultés. Les interventions se suivent mais ne sont progressivement plus sous-titrées. On comprend que les situations se répètent, singulières et similaires à la fois. Ce sont à chaque fois des apiculteurs qui sont menacés mais aussi des familles, des savoir-faire, des particularités liées à la biodiversité locale, au climat, aux pratiques et au cheptel. « Il y a partout de beaux produits » s’enthousiasme Anicet après avoir remporté une médaille pour son hydromel. Un scientifique explique ensuite que diverses causes interagissent dans un cercle mortifère : pesticides ; pauvreté génétique des cheptels due aux méthodes de sélection ; changement climatique ; agents pathogènes ; certaines pratiques agricoles (qualité et récolte de l’alimentation des vaches par exemple) ; etc. Les abeilles affaiblies sont menacées par leur environnement. L’apiculteur compare sa compagne et sa fille à des reines, il parle de symbiose et le spectateur voit des abeilles partout, dans les voitures, dans les maisons, même le reggae qu’il écoute le ramène à son métier. Egalement éleveur de reines, il privilégie les capacités naturelles des races rustiques pour rendre plus résistantes les abeilles domestiques. On le voit sélectionner, envoyer, surveiller ses abeilles, par tous temps. L’homme vit en permanence avec elles. Quand il regarde par la fenêtre de sa maison, il explique comment dans cet univers étrangement artificiel que nous fabriquons (défrichage, changement climatique, alimentation artificielle des vaches, plantes génétiquement modifiées, transport d’abeilles par camions pour la polonisation des cultures, etc.), ses abeilles maintiennent la vie, amènent avec elles une respiration. L’homme veut, à l’aide de son apiculture, « créer une balance dans le déséquilibre ». Il raconte son travail, ses difficultés et ses craintes pour l’avenir mais surtout sa conception d’une apiculture sereine, intégrée dans la région, la population et la nature. Les grands gestes qu’il dessine de ses mains forment avec ses paroles le contour d’un projet généreux. On découvre ici un problème multifactoriel par le témoignage d’un apiculteur touchant qui possède une vision respectueuse et chaleureuse de l’apiculteur et du rapport à l’environnement.

voir le site d’Anicet Desrochers

mer et relations fragiles

Relation fusionnelle

Liés par des mécanismes de rétrocontrôle complexes, le climat et l’océan forment un couple fusionnel. Ce qui touche l’un, atteint l’autre. REGARDS DE CLIMATOLOGUES permet de comprendre la nature et l’importance de cette union qui amène par exemple l’océan à stocker le gaz carbonique de l’atmosphère.

Depuis une cinquantaine d’années, le couple bénéficie malgré lui d’une surveillance rapprochée. L’océan par exemple est concerné par plusieurs programmes de recherche. Comme ils le feraient au chevet d’un malade, les scientifiques mesurent sa salinité, sa température, la vitesse, l’acidité et la direction de ses courants, mais aussi l’état de santé des espèces qu’il héberge, comme autant d’indices de la santé dela planète. Lesconclusions de ces études sont souvent inquiétantes. L’harmonie des mécanismes est rompue.   

Relation à trois

Depuis la révolution industrielle, les activités humaines émettent d’importantes quantités de gaz à effets de serre qui s’accumulent et participent au réchauffement global dela planète. Celui-ci, associé à d’autres pressions exercées directement sur les ressources marines (pêche et pollutions diverses), crée de nombreux déséquilibres qui s’additionnent et se conjuguent pour constituer une menace qui pèse aujourd’hui sérieusement sur la biodiversité.

L’impact des activités humaines amène des scientifiques tels que le glaciologue Claude Lorius à concevoir et décrire une nouvelle ère qui débute avec la révolution industrielle : l’anthropocène. Un néologisme qui souligne l’influence des activités d’origine anthropique sur l’évolution dela planète. C’est donc l’homme qui écrit aujourd’hui l’histoire de l’océan, tout du moins en grande partie, car on ne connait pas encore toutes ses réactions face aux brutales modifications qu’on lui inflige.

Le réchauffement global engendre un apport d’eau douce qui modifie sensiblement la salinité des mers et risque de perturber la circulation des courants marins. Parmi ces courants, le Gulf Stream, dont l’altération pourrait perturber le climat du littoral européen (GULF STREAM, LE TALON D’ACHILLE DU CLIMAT). L’océan subit les modifications du climat puis y participe à son tour. Outre leur implication dans la régulation du climat, les courants marins sont aussi des corridors écologiques au rôle essentiel dans la circulation de nombreuses espèces marines comme le plancton, certaines tortues ou baleines. Dans FINDING NEMO, les héros voyagent avec les tortues qui empruntent le courant est-australien pour gagner l’Australie. L’océan est aussi particulièrement sensible à l’augmentation du taux de gaz carbonique qu’il absorbe désormais en plus grande quantité (près de la moitié des émissions anthropiques), ce qui entraine une acidification des eaux. TIPPING POINT décrit les techniques et les objectifs d’un programme scientifique chargé de l’étude de la modification du pH des océans et des conséquences qui en découlent. En empêchant la production de calcaire, l’acidification fragilise par exemple la population d’organismes planctoniques, les organismes à squelette et coquille calcaires  (les foraminifères) et le corail. DES CORAUX POUR DECRYPTER LE CLIMAT alerte sur le sort du corail : deux tiers des récifs coralliens du monde sont fortement abîmés alors même qu’ils semblent pouvoir fournir de précieuses informations sur l’histoire du climat et constituent un habitat irremplaçable pour de nombreuses espèces. 

Les changements climatiques aggravent les méfaits occasionnés par d’autres atteintes à l’équilibre des écosystèmes : dégradation des écosystèmes du littoral ; pollutions liées aux exploitations minières et pétrolières ; pollution sonore et par les hydrocarbures (ENVOYE SPECIAL – DEGAZAGE EN MER) ; aménagements des fleuves et des zones côtières (RIVAGES, volumes 1 & 2 : cas de l’estuaire de la Seine, de la baie de Somme, du Mont Saint-Michel ou de Gruissan en France), introduction d’espèces invasives ; pollution chimiques (cas du mercure stocké dans la viande de poissons tels que le thon développé dans un bonus de THE COVE) et par le plastique (ACCROS AU PLASTIQUE et personnage de Lovelace dans HAPPY FEET ). L’omniprésence de ce matériau, dont la production et la consommation se sont accélérées depuis la seconde guerre mondiale et le développement d’un mode de vie « jetable », génère d’importantes quantités de déchets très difficiles à recycler. Le plastique, sous forme de nappes de déchets flottants ou décomposé sous forme de pastilles, ne disparait pas. Il circule et s’accumule dans l’organisme des êtres vivants causant une importante mortalité et perturbant gravement le système hormonal et reproducteur.

Relation d’intérêts

L’océan abrite 80 % de la biodiversité connue, depuis le minuscule du plancton agité jusqu’aux majestueuses et tranquilles baleines. La mer du Nord héberge par exemple de très nombreuses espèces. Elle constitue un milieu précieux pour la nature mais aussi pour l’activité économique des hommes (DOCKS & COCKERS pour un aperçu de l’histoire des six ports maritimes belges). Malheureusement, la biodiversité y est menacée par les changements climatiques, l’introduction d’espèces invasives, des rejets de produits toxiques (déchets radioactifs, égouts, rejets industriels et agricoles charriés par les fleuves, etc.) et par une activité de pêche qui épuise les stocks de poissons. Dans le cadre d’une activité devenue industrielle, les bateaux, redoutablement équipés pour la détection et le ramassage des poissons, vident peu à peu les mers. C’EST PAS SORCIER, PECHE : LES POISSONS ONT LE MAL DE MER illustre l’évolution des techniques de pêche et d’une politique européenne toujours discutée concernant le principe des quotas. LES DAMNES DE LA MER, plus critique, dénonce les méfaits autant sur les écosystèmes que pour la population locale, d’une pêche intensive responsable de la disparition des bancs de sardine au large du Maroc. Un rapport de la F.A.O. estime qu’aujourd’hui, près de 80 % des stocks de poissons sont menacés (complètement exploités à 52 %, surexploités à 16 % et effondrés à 8 %). Parmi les espèces au statut le plus critique, la crevette rose, le flétan de l’Atlantique, le cabillaud, le saumon de l’Atlantique, la sole, le thon rouge.

Références :
Dossier F.A.O.
Dossier du CNRS
Dossier Greenpeace

La fièvre de l’or

Un documentaire sur l’orpaillage en Guyane tout en vert et ocre. Vert comme le feuillage de cette forêt, la plus vaste du monde, et ocre, parfois même rouge sang, comme la terre mise à nue par les chercheurs d’or. La vie de la forêt est désormais rythmée par les activités d’exploitation et de destruction. Faune, flore, hommes et femmes sont aspirés puis anéantis par la quête de l’or. L’eau des fleuves est devenue poison, la terre est teintée du sang des arbres.

Voilà un documentaire qui se regarde comme un film d’aventure, avec ses personnages, ceux qu’on aime et ceux qu’on déteste dès les premières images : le responsable des exploitations, l’ancien président de la fédération des orpailleurs, les femmes prisonnières d’une triste vie de prostitution et qui attendent d’en être délivrées, un pasteur lui aussi impliqué dans l’exploitation de l’or, des clients alcoolisés d’une superette, etc.

Au fil du film, on découvre un monde fait de violence et de misère et où tout se paie en pépites d’or. Le documentaire met en évidence la face cachée de l’orpaillage et aborde des aspects sociaux, sanitaires et environnementaux. En plus de la violence et de la misère générés par l’arrivée des orpailleurs, on déplore aussi l’empoissonnement au mercure des amérindiens et une déforestation sanglante et rapide. Certains témoignages de pêcheurs et certaines séquences illustrant la férocité des actions de déforestation sont poignants.

Le réalisateur nous offre un recueil étonnant de confidences sincères d’hommes et de femmes gravitants autour de ce monde, tantôt victimes, tantôt acteurs. Il a su filmer l’émotion avec des plans fixes et des silences éloquents. On ne peut rester insensible à ce documentaire. Certaines images et certains propos resteront longtemps dans les esprits comme ce témoignage d’introduction qui explique comment s’effectue le travail de déforestation et à quelle vitesse, comme ces confidences nocturnes de femmes attendant d’être sauvées ou encore ce témoignage écœurant de l’ancien président de la fédération des orpailleurs qui explique, avec un grand mépris pour les amérindiens et la nature, que  « le grand drame, c’est le principe de précaution » et que « l’histoire du mercure est une plaisanterie » (à 46’12). La sincérité et la clairvoyance des personnes interrogées est aussi étonnante et conduit à une certaine perplexité. Autant celle du responsable d’exploitation qui décrit toutes les techniques utilisées et qui explique qu’  « Ici, on peut faire un peu c’qu’on veut.» (à5’) que celle du pécheur qui s’attriste de voir son Eden être ainsi massacré (à 1’00’14). Le document se termine sur une séquence où la musique fait office de commentaire éloquent sur des images illustrant les performances destructrices du village champion parmi les chercheurs d’or (à partir de 1’07’20). La terre est ravinée par des jets d’eau par centaines de mètres cubes, c’est effrayant, et on ne pourra s’empêcher, en conclusion, de quoi s’interroger sur le véritable prix à payer pour un bijou en or…

La fièvre de l’or – TM3931

Maya l’ouvrière

               L’abeille fait partie de ces espèces animales qui impressionnent fortement l’imaginaire et avec lesquelles nous entretenons un lien privilégié, et ce, quelques soient les continents et les époques. Notre relation à l’insecte est orientée par la volonté d’observer des similitudes et des affinités entre la société humaine et celle des abeilles. Son organisation sociale, sa capacité à produire le miel dont l’humanité se régale depuis plus de 10 000 ans, en opposition au caractère menaçant et dangereux de son dard,… autant d’attributs qui ont rencontré un intérêt utilitaire ou un écho symbolique chez l’Homme, et qui cadrent aujourd’hui notre rapport à l’espèce.

La structure sociale, source de fascination et d’inspiration

Au service d’une reine (que l’on croyait être un roi jusqu’au 17e siècle), les abeilles obéissantes sont à l’origine d’une symbolique impériale qui inspira par exemple l’Egypte ancienne, les Mérovingiens ou encore Napoléon. Ouvrières uniformes de la ruche, elles incarnent le fantasme d’une société laborieuse, harmonieuse, organisée, infatigable et disciplinée. Tout comme la fourmi, l’abeille est inexorablement soumise à son destin de travailleuse. Dans le premier épisode de la série d’animations pour enfants Maya l’abeille, c’est la première leçon qu’apprend la toute fraichement née Maya : « Les abeilles viennent au monde pour travailler » (à 11). Les jeunes abeilles doivent faire l’apprentissage des dangers et des secrets de la nature pour devenir des ouvrières efficaces. Dans Drôle d’abeille (Bee Movie), la ruche est une organisation de castes avec ses héros et ses petites mains, satisfaites d’accomplir le travail quotidien et d’être chacune un rouage de la machine collective. Le travail de butineurs est confié à l’élite : de gros mâles virils à l’allure de guêpe qui décollent de la ruche tels des avions de chasse, admirés et enviés par la jeunesse apicole. Pour tirer quelques vertus pédagogiques de ce film, il faudra passer sur d’assez nombreuses invraisemblances naturalistes et une place douteuse accordée à l’exploitation industrielle dans l’équilibre de l’écosystème, pour ne retenir que le message de sensibilisation sur l’importance de la pollinisation pour le monde. Dans ce film, un jeune diplômé se rebelle contre le « penser abeille » fait de routine et de labeur. Il découvre que l’Homme fait le commerce du miel et se révolte devant les conditions épouvantables de vie des abeilles domestiques. Il organise la résistance et le travail cesse. Mais sans pollinisation, le monde est menacé et tout dépérit. Réalisant leur erreur, les abeilles reprennent le travail. Terminées les journées passées à siroter du miel dans les ruches. Cette même hérésie de la paresse et de la rébellion au sein d’un système productif hyper hiérarchisé est mise en scène, cette fois de manière décalée, dans la série d’animation Minuscule. Ici, les abeilles trouvent des moyens détournés et amusants d’accomplir leur tache. L’adhésion à un projet commun, la soumission à une autorité suprême, l’efficacité du travail de l’essaim, une production ininterrompue, la protection de la communauté, voici autant d’aspects qui ont éveillé l’intérêt de l’Homme, tel que peut en témoigner le vocabulaire anthropomorphique utilisé pour décrire les abeilles (reine et ouvrières) et qui ont même inspiré certaines méthodes modernes de gestion d’équipe en entreprise.  

La résonance symbolique de la ruche est très forte. Ce qui interpelle, c’est le caractère géométrique des alvéoles, mis en parallèle avec l’organisation du « travail » et associée à la protection maternelle. La ruche devient un athanor clos où l’insignifiant pollen est transformé en essence précieuse et dorée. L’esprit de la ruche, un film mélancolique à la couleur de miel, raconte l’histoire d’une petite fille dont le père se perd en silence dans une mystérieuse étude entomologique. Les carreaux des fenêtres de la maison sont tels les alvéoles d’une ruche. La métaphore est évidente, à l’image du lien fantasmé par le père entre la société des insectes et la société humaine. Dans son cahier, parlant des abeilles, il relate « l’effort impitoyable et indispensable, le sommeil ignoré annonçant le travail du lendemain, les allées et venues fébriles, l’incessante activité de la multitude, le bourdonnement incessant et énigmatique des nourrices … » (à 24’25). Le bourdonnement, à lui seul, signifie l’abeille. Dans les décors peints du film l’Ile mystérieuse qui plongent le spectateur au cœur des livres de Jules Verne, un groupe de rescapés tente de survivre sur une île étrange. A l’occasion d’un moment de repos, un couple découvre des traces de miel sur des rochers. En remontant la piste sucrée, le couple est attaqué par des ouvrières géantes au bourdonnement cacophonique, soutenu par une musique oppressante. Au cours de leur fuite, et au lieu de la reine, c’est le navire du capitaine Némo qu’ils découvrent au fond de la ruche (à59’).

Le miel, source de gourmandise

La première motivation de l’Homme à se rapprocher des abeilles fut probablement la gourmandise. Le miel est utilisé depuis l’Antiquité pour sucrer les aliments ou soigner les blessures. La consommation de miel est ancienne mais l’apiculture ne s’est réellement développée qu’à partir du 18e siècle. Partout dans le monde, depuis les montagnes de l’Himalaya (Chasseurs de miel)  jusqu’aux côtes ensoleillées de Provence (Vie et mort d’une abeille), la pratique se perpétue et s’affine. Les pratiques apicoles et le fonctionnement de la ruche sont minutieusement filmés dans un documentaire court de 1960 aux images vieillies et teintées de sépia L’abeille et les hommes. On y voit l’évolution des ruches artificielles, depuis les chaumières en paille jusqu’aux aux résidences de chalets alignés. Les abeilles y vivent une courte vie de labeur permettant aux Hommes de savourer quelques douceurs et de profiter de quelques remèdes. Les vertus nutritives et curatives des produits de la ruche continuent à être reconnues aujourd’hui (propolis, miel, gelée royale).

Le dard, source d’interprétation symbolique

Animal à la double nature, la douceur de son miel s’oppose au piquant de son dard. L’abeille est à l’image du Christ qui accorde la miséricorde autant qu’il punit. Au cours du temps, l’humanité a attribué à l’insecte un certain nombre de qualités métaphysiques. Elles incarnent par exemple l’aboutissement du travail initiatique. Dotées de la capacité de voler vers le ciel, elles possèdent aussi les propriétés d’immortalité et de résurrection. Dans le film La belle histoire, les abeilles accompagnent les personnages pour une histoire d’amour de 2000 ans sur fond de réincarnation et de divin et où « Les abeilles piquent seulement ceux qui ne sont pas innocents ». Le domaine apicole du film Oncle Boonmee est un cadre privilégié pour se souvenir des ses vies antérieures. Dans Candyman, l’abeille est associée à la naissance d’un tueur à l’origine surnaturelle. Le personnage est construit sur cette même opposition entre douceur et punition. La fiction, fascinée par le dard et le groupe, a par ailleurs imaginé de nombreux films où les insectes ont muté jusqu’à devenir de véritables tueurs. Dans L’inévitable Catastrophe (The Swarm), le danger est représenté par l’essaim et la multitude. Le dard peut aussi être celui de la justice morale. Dans Viva Maria, une ruche posée sur les rails permet de stopper un train filant à l’assaut d’une révolte paysanne. Les abeilles se font alors de précieuses alliées dans la défense des opprimés (à 1’27’12). L’abeille apporte aussi l’inspiration, elle offre le don de la poésie à Pindare et celui de la science à Pythagore. Elle est symbole d’éloquence et d’intelligence. Saint Ambroise et Platon, séparés par quelques décennies, ont accueillis tous deux un essaim d’abeilles dans la bouche et s’en sont vus gratifiés du don de l’oraison.

L’espèce menacée, source d’inquiétude

Il existe environ 20 000 espèces d’abeille dans le monde, dont la plus connue en Europe est Apis mellifera, pour son utilisation en apiculture. La majorité des abeilles ne produit pas de miel mais toutes les espèces jouent un rôle dans la pollinisation des plantes, en particulier celles cultivées par l’Homme. Hors, depuis quelques années dans l’hémisphère nord, les apiculteurs observent une importante mortalité des abeilles (syndrome d’effondrement des colonies). Les raisons sont sans doute multiples. La trilogie militante Le Titanic apicole explore avec conviction toutes les pistes actuellement discutées expliquer cette mortalité (pesticides, parasites, ondes magnétiques, espèces invasives, OGM, agro-carburant, stress). Avec Le mystère de la disparition des abeilles, le spectateur est touché et ému par la dure vie des abeilles à qui l’on doit tant. Il découvre comment, à partir de pollinisateurs sauvages robustes, la domestication et la sélection ont abouti à la fabrication de petites ouvrières fragiles qui luttent désormais pour survivre. Ce que les abeilles faisaient auparavant naturellement, est devenu aujourd’hui l’objet d’enjeux économiques énormes (utilisation pour la pollinisation des plantes cultivées par l’Homme). Les abeilles sont devenues itinérantes, sans attaches, transportées de champs toxiques en monocultures délétères, ouvrières jetables, dopées et malnutries. Il n’est pas commun de se sentir en empathie avec un insecte et pourtant, le spectateur sera bouleversé par ces petits corps fatigués de travailleuses, devenues sentinelles de la qualité de notre environnement.

Ces images qui allient vertus esthétiques, ludiques, éducatives ou militantes, nous font nous interroger et nous poussent à vouloir agir. En aidant les abeilles, nous nous aidons nous-mêmes. L’histoire des abeilles révèle notre rapport à la nature, à l’environnement, au monde. C’est l’histoire de la domestication, de l’agriculture, de l’industrialisation et du « progrès » qui a conduit à la multiplication des sources de pollution qui se combinent aujourd’hui entre elles.

 Références Médiathèque :

  • Maya l’abeille – VM0954,
  • Drôle d’abeille (Bee Movie) – VB0675
  • Minuscule – VM1076, VML1077, VM1078 et VM1116
  • L’esprit de la ruche – VE0261
  • L’Ile mystérieuse – VI3734
  • Chasseurs de miel – TJ1720
  • Envoyé spécial, vie et mort d’une abeille – TO8330
  • L’abeille et les hommes – VT0456
  • Candyman – VC0776
  • L’inévitable Catastrophe (The Swarm) – VI4946
  • Viva Maria – VV0093
  • La belle histoire – VB1446
  • Oncle Boonmee – VO0206
  • Le Titanic apicole – TM8561 et TM8562
  • Le mystère de la disparition des abeilles – TM5551

Libérez les semences !

Les 17 et 18 avril 2011, se tiendront à Bruxelles les Journées internationales de la résistance paysanne avec un mot d’ordre : « Libérez les semences »

Point d’orgue de la campagne « Semer l’avenir – récolter la diversité », cette manifestation réunira des acteurs de la filière agricole, des jardiniers, des organisations environnementales et des citoyens pour protester contre le durcissement de la législation européenne sur les semences. 

La législation européenne privilégie déjà les variétés de semences industrielles au détriment de l’agriculture paysanne. Aujourd’hui, la réglementation se prépare à confier complètement le contrôle de l’agriculture aux mains des semenciers grâce à deux volets du projet de loi : la « protection des variétés » et la « réglementation de la circulation des semences ».

Cette orientation européenne soulève de nombreuses questions autour de : la biodiversité alimentaire, la manipulation et le contrôle des semences (OGM, brevetage, etc.), la souveraineté alimentaire notamment des pays producteurs, la nature du travail de paysan à qui on ne permet plus d’effectuer le travail de sélection des semences, la dépendance croissante de l’agriculture à l’industrie du pétrole et de la chimie, etc.

 La Médiathèque vous aide à faire le point sur ces questions avec :

WE FEED THE WORLD – TL9221 : un film sur la production alimentaire mondiale qui soulève notamment le problème de la pauvreté des pays producteurs.

LE BIEN COMMUN, L’ASSAUT FINAL – TL0851 : un documentaire original construit sous la forme d’un pastiche de la genèse où l’homme privatise le monde en 7 jours et qui propose la notion de bien commun en opposition à la tendance de privatisation de grandes ressources telles que l’eau, les semences, les gènes, etc. 

PAS DE PAYS SANS PAYSANS – TM6301 : des exemples de pratiques qui sont autant d’occasions d’aborder différentes problématiques : préservation ses sols, risques sur la santé, OGM, pérennité des exploitations, rôle de l’agriculture dans la société, etc. 

VERS UN CRASH ALIMENTAIRE TL8961 : un documentaire éfficace et interpellant sur la crise alimentaire qui permet de comprendre les grands enjeux : baisse des stocks mondiaux de céréales, faim dans les pays producteurs, hausse du prix des matières premières, raréfaction de l’eau et des surfaces arables, épuisement des sols et problèmes soulevés par la production des agro-carburants.

LA FIN DES HARICOTS – TP3581 : une critique du modèle industriel et de la standardisation (catalogue des semences) qui conduisent à la réduction de la biodiversité alimentaire.

Pour en savoir plus sur les journées internationales : http://www.seed-sovereignty.org/FR/index.html

Pour en savoir plus sur les revendications du monde paysan : http://www.kokopelli-blog.org/?p=325

Après le purin d’ortie, c’est la tisane de plantes qui est interdite !

Qu’est ce que ce monde où la plante devient hors la loi ? C’est un monde où tout devient marchandise, source de brevets et de profits.

Voir : LE BIEN COMMUN, L’ASSAUT FINAL – TL0851 : Un documentaire original construit sous la forme d’un pastiche de la genèse où l’homme privatise le monde en 7 jours et qui propose la notion de bien commun en opposition à la tendance de privatisation de grandes ressources telles que l’eau, les semences, les gènes, etc. 

 

« Interdire tout ce qui n’est pas autorisé en 3 étapes »

Les semences

Il en est déjà ainsi des semences agricoles qui doivent être inscrites au catalogue officiel : Il est interdit de vendre des variétés qui n’ont pas été homologuées. Les semences ne sont plus le fruit du travail des paysans mais de l’industrie. Elles ne sont plus seulement le résultat de la sélection mais de l’hybridation et de la manipulation génétique. Les semences d’aujourd’hui sont devenues « stables et homogènes » un critère de qualité selon l’UE…, un obstacle à la biodiversité aux capacités d’adaptation selon la nature…

Voir : LA FIN DES HARICOTS – TP3581 : Un documentaire qui met en cause le modèle industriel, la standardisation et le recours au catalogue officiel des semences qui conduisent à la réduction de la biodiversité alimentaire.

Les produits phytosanitaires

Un pas de plus dans cette voie avec la scandaleuse loi d’orientation agricole de 2005, plus connue sous l’appellation « décret ortie » (Art. L. 253-1). Pour résumer le problème, je citerais un extrait du documentaire « L’ortie FEE de la résistance – TO5853 » : “Pour protéger le consommateur, il suffit désormais de se rendre dans un magasin et de choisir dans la vitrine, parfois conservée sous clés, un produit parmi les bouteilles arborant fièrement les logos : dangereux pour la faune aquatique, nocif pour l’environnement, éviter le contact avec les yeux et la peau, etc…  Par contre, et toujours pour protéger le consommateur, vous ne pouvez plus préparer un remède tel que le purin d’ortie, qui ne présente aucun danger pour l’environnement, car il ne bénéficie pas d’autorisation de mise sur le marché “.

 Voir : L’ORTIE FEE DE LA RESISTANCE – TO5853 : Un documentaire critique sur la loi d´orientation agricole qui veut défendre des pratiques agricoles traditionnelles et des préparations à base de produits naturels.

La pharmacopée

Et c’est maintenant à la santé d’être touchée par cette main mise de l’industrie pétrochimique. Après le 30 avril 2011, une directive européenne rendra de nombreux produits et compléments alimentaires à base de plantes illégaux. Cette nouvelle directive, la THMPD (Traditional Herbal Medicinal Products Directive) impose aux produits thérapeutiques à base de plantes de passer par une procédure d’agrément, la même que celle qui est requise pour les médicaments industriels.

Mais alors, pourquoi les producteurs de produits naturels ne travaillent-ils pas à rendre leurs préparations légales ? Tout simplement parce que le coût est énorme pour les petits producteurs. Il n’y a bien que les grands groupes de semenciers, l’industrie et les groupes pharmaceutiques qui ont les moyens de s’engager dans une telle voie. Et puis, il ne s’agit pas de s’approprier les créations de la nature par un système mercantile et indécent de brevetage. Il s’agit de laisser, voire de soutenir, des solutions plus douces avec l’Homme et la nature pour un avenir plus sain.

A l’heure où les scandales concernent la mise sur le marché, de vaccins ou de médicaments douteux, de produits alimentaires toxiques et de substances chimiques nocives (phtalates, bisphénol A, etc.), nous aurions pu espérer que la société nous permette au moins une alternative…

Voir : PARCE QUE VOUS NE VALEZ RIEN – TM6231 : Un documentaire qui aborde une thématique discrète : les problèmes sanitaires et environnementaux liés aux cosmétiques. Le propos nous concerne tous, des nourrissons aux personnes âgées sans oublier les adolescents, et les hommes aussi bien que les femmes. En effet, si il est envisageable de ne pas se sentir concerné par les cures de massages aux pépins de raisin, qui n´utilise pas de savon, de crème hydratante ou de dentifrice ? 

Voir : HOMO TOXICUS – TN3841 : Un documentaire à visée informatives sur les conséquences de l´accumulation de toxiques dans le corps humain. Sur un ton personnel, souvent humoristique et parfois émouvant, la réalisatrice maitrise l´art de poser les questions pour obtenir des réponses surprenantes et inquiétantes sur les substances toxiques dans la vie quotidienne et leurs effets sur la santé. L´enquête répond à de nombreuses questions : baisse de la fertilité, effet sur le sex-ratio dans la population animale et humaine, déficit d´attention et hyperactivité chez les enfants. Elle soulève aussi d´autres questions sur le principe de précaution, la non transparence et les méthodes de calcul des normes autorisées. 

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