The Messenger – le silence des oiseaux

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Les oiseaux sont des messagers. Intimement liés à leur habitat, ils peuvent alerter sur l’état des écosystèmes dont nous dépendons nous aussi. Un rôle qu’ils ont souvent assuré, annonçant les changements de saisons ou bien, en sentinelles, percevant avant les hommes les trop grandes concentrations de monoxyde de carbone au fond des mines.

Le film se concentre sur les oiseaux migrateurs. Les difficultés qu’ils rencontrent aujourd’hui sont nombreuses et se combinent pour compliquer leur épreuve, déjà longue de plusieurs centaines de kilomètres pour certains : la pollution sonore et lumineuse, les changements climatiques, la chasse… Et puis bien entendu la déforestation, le morcellement des espaces de nature et l’urbanisation. Les reflets des paysages et des lumières sur les fenêtres des bureaux troublent leurs sens et les oiseaux heurtent violemment les parois puis tombent au sol. Des dizaines de petits corps brisés peuvent ainsi joncher le pied des hautes façades en période de migration.

Tourné au quatre coins du monde, le film alterne les témoignages de scientifiques, de militants et d’amoureux des oiseaux  pour mêler aux informations scientifiques de magnifiques images de vol et des détails techniques sur les technologies utilisées dans le suivi des migrateurs.

Le regard porté sur les oiseaux, filmés en plein vol au ralenti, est ici résolument poétique et ému.

 

Film disponible chez PointCulture

 

Frédérique Müller

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Forêt en ville

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Une forêt à demi dissimulée dans la brume, des empreintes d’oiseaux qui serpentent sur un lac gelé, un soleil pâle encore endormi derrière les nuages, on pourrait être dans une vaste forêt de montagne mais la forêt de ce film se situe au sud-est de Bruxelles. C’est une forêt en ville, à portée de tram, qui pénètre jusqu’à 4 km du centre la capitale européenne.

C’est un lieu de rencontres de citadins qui s’y croisent pour se balader, seuls ou en famille, y promener leur chien le matin à la hâte ou plus longuement le weekend, amateurs de nature, de champignons, de chevreuils et d’oiseaux, d’arbres, des cyclistes, des artistes, des photographes, des groupes scolaires et des cavaliers, tous racontent ici leurs attentes et avec ces témoignages, c’est toute la personnalité de cette forêt urbaine qui apparait. Des promeneurs, des artistes, des gestionnaires de la forêt qui chantent en plein travail, des historiens, les témoignages se succèdent comme si le réalisateur du film les rencontrait au hasard de sa balade. Chacun participe à sa manière à la vie de cette forêt.

 

film disponible chez PointCulture

Anaïs s’en va-t’en guerre

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C’est l’histoire d’une jeune fille qui fait preuve de courage, de détermination, de force, de savoir-faire mais aussi de fragilité lorsqu’elle se heurte à un monde agricole verrouillé par des pratiques industrielles et la lourdeur administrative.

 

Anaïs, 24 ans, cultive des plantes aromatiques et médicinales. Elle les manipule d’un geste assuré mais tendre. Capable d’affronter la rudesse du climat, la pluie quand elle se trouve perchée au sommet d’une serre qu’elle installe, la solitude dans sa petite caravane sans eau ni électricité ou dans le métro parisien avec un cageot rempli du fruit de son travail posé sur les genoux, Anaïs s’entête. Agenouillée dans son champ, vêtue de pulls rugueux, de bottes en caoutchouc sur des pantalons sombres tachés de terre qui ne dissimulent pas la beauté à la fois forte et fragile de la jeune femme, Anaïs poursuit son rêve.

 

Le film s’ouvre sur un moment de découragement et de colère mais une visite de son professeur lors d’une séance de désherbage, les mains dans la terre, lui permettent de reprendre contact avec « ses amies les plantes » et d’enraciner en peu plus encore sa volonté de poursuivre.

 

Au centre de chaque plan du film, cheveux au vent, Anaïs entraine le spectateur qui vit avec elle de multiples émotions : peur, colère, tristesse, angoisse, satisfaction. A son sujet, la réalisatrice, Marion Gervais, parle même de rage :

 

« Elle vivait dans une cabane, sans eau, avec une électricité à 12 Volts. Elle m’a raconté qu’elle menait un combat, celui de devenir agricultrice, de vendre des tisanes dans le monde entier. J’ai été séduite par sa rage, cette volonté de ne pas subir sa vie. J’ai voulu la filmer. J’ai contacté Quark Productions, et ils ont soutenu le projet. Je me suis immergée dans le monde d’Anaïs pendant presque deux années entières. J’allais déjeuner avec elle, l’aider dans ses champs, la filmer. Au final, le film est l’aboutissement de deux ans de rencontres régulières, de respect et de confiance mutuelle et d’amitié, une relation qui s’est construite de manière instinctive et naturelle. »

(propos recueillis sur : http://www.madmoizelle.com/anais-guerre-film-bretagne-262009

C’est un portait tout en contraste, celui d’Anaïs en premier lieu, mais celui-ci illustre aussi toute la difficulté des alternatives à l’agriculture d’aujourd’hui et toute l’importance des productions faites à plus petite échelle.

 

 

Un film qui inspire l’envie de reprendre le contrôle de sa vie et d’aller jusqu’au bout des projets les plus ambitieux.

 

 

 

Film disponible chez PointCulture

 

Frédérique Müller

En quête de sens

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Ce film est le récit de la prise de conscience d’un dysfonctionnement à la fois sur le plan sociétal et sur le  plan personnel pour Marc de la Ménardière, narrateur et co-auteur de ce récit filmé par son ami d’enfance qu’il vient de retrouver.

 

Marc travaille pour une multinationale de commerce d’eau en bouteille à New York lorsqu’il se casse le pied et, immobilisé, s’attaque à une pile de films documentaires sur la marchandisation du monde recommandés par un ami d’enfance en visite. Il prend alors conscience qu’il fait partie du problème et décide de se joindre à son ami, Nathaël Coste pour comprendre comment amener le changement.

 

Combinant une quête personnelle de retrouver du sens à la vie à un besoin de compréhension des mécanismes, c’est un film sur le chemin parcouru, tant en termes de kilomètres autour du monde que d’heures de réflexion (et très certainement aussi de montage). Ce chemin est fait de découvertes, de questions et surtout de rencontres.

 

Avec des sensibilités et des pratiques différentes, chaque intervenant, à sa manière, offre des possibilités. Le film rapporte ainsi la parole de scientifiques, d’historiens, d’économistes, de chamans et de guides spirituels, de penseurs et de militants. Toutes les personnes sont interrogées avec curiosité et enthousiasme. Au spectateur ensuite de faire son propre chemin, son propre travail de digestion pour s’interroger sur ces choix que nous faisons en ayant souvent pas ou trop peu réfléchis. L’envie d’aller à chaque fois plus loin dans la complexité que sur le plan personnel se lit dans le regard des deux amis.

 

Ce film ose aller là où beaucoup d’autres s’arrêtent en s’aventurant sur la voie de l’introspection ; de la spiritualité, de ce que la volonté de changement opère en soi. Il aborde ainsi des aspects essentiels aujourd’hui. Un film ambitieux et réussi.

Film disponible chez PointCulture

Frédérique Muller

Des abeilles et des pesticides

abeille-couleur @clotilde goubely copie“Des abeilles et des pesticides”

Projections et activités du 20 au 28 mars

à Louvain-la-Neuve, Liège et Bruxelles (Uccle)

 

 

Dans le cadre de la semaine sans pesticides organisée du 20 au 30 mars 2015, PointCulture propose plusieurs activités :

– une série de projections du film « La reine malade » : un très beau témoignage d’un la reine malade couvapiculteur canadien qui raconte sa vision du métier et aspire à une agriculture mieux intégrée à l’environnement ais aussi au tissu social.

– Et puis, pour mettre en lien le film avec son contexte, nous avons invité toute une série d’asbl et d’apiculteurs pour en savoir plus sur les abeilles, les menaces qui pèsent sur elles et réfléchir aux pratiques agricoles en général.

L’on pourra donc en fonction du lieu : Observer des abeilles dans une ruche vitrée, boire de l’hydromel, écouter des contes, assister à une conférence ou à un spectacle, construire un hôtel à insecte, découvrir des alternatives à l’utilisation des pesticides, etc.

Programme complet :

Liège – Mercredi 25.03

15h10 : « L’abeille, sentinelle de l’environnement », conférence sur les causes de disparition des abeilles par Didier Brick, biologiste et apiculteur, collaborateur du Service d’Ethologie de l’ULg, actif au sein des Amis de la Terre, formateur à la Fédération Liégeoise d’Apiculture et consultant dans le cadre du Plan Maya de la Ville et de la Province

16h45 : Bar à bières artisanales au miel, dégustation et vente de miel en présence des apiculteurs Xavier Mossoux et Philippe Meloni (BeeGold) accompagné de ses abeilles dans leur ruche vitrée !

Liège – Vendredi 27.03

15h15 : Projection du film « La reine malade », témoignage d’un apiculteur canadien qui défend un modèle d’agriculture mieux intégré à l’environnement mais aussi au paysage et au tissu social

16h50 : « Le monde des abeilles », une animation en 10 points pour découvrir les abeilles avec du matériel apicole et des éléments ludiques par Sylvie Decerf, guide nature

17h30 : Bar à bières artisanales au miel, dégustation et vente de miel en présence de Philippe Meloni, apiculteur chez BeeGold, accompagné de ses abeilles dans leur ruche vitrée !

De 15h à 19h : Dégustation de gaufres et d’hydromel avec la Confrérie du Grand Apier de Tilff

Uccle – Du 23.03 au 28.03

Exposition de Natagora sur le jardin au naturel par le dessinateur Servais : récolte d’eau de pluie, alternatives aux pesticides, aménagements naturels : compost, mare, haie, nichoirs, etc.

Uccle – Jeudi 26.03

19h : Projection du film « La reine malade », témoignage d’un apiculteur canadien qui défend un modèle d’agriculture mieux intégré à l’environnement mais aussi au paysage et au tissu social

20h30 : conseils et astuces avec Natagora sur les alternatives aux pesticides et dégustation de miel

Uccle – Samedi 28.03

14h : Mot d’introduction par Bruxelles Environnement (IBGE) en présence de la Ministre Bruxelloise en charge de l’Environnement.

14h-17h : Ateliers proposés à un public familial :
– lecture et contes à partir de 3 ans sur l’eau et les abeilles par Roxane Ca’Zorzi (de 14h à 15h)
– construction de nichoirs à insectes avec l’asbl Natagora en collaboration avec le Comité de Quartier Floride-Langevelt (de 15h à 17h)
– animation autour de l’eau à Bruxelles par l’asbl Natagora en présence de la fontaine de Vivaqua (de 16h à 17h)

14h30-16h00 : Spectacle/conférence « Graines de Voyous » : à la croisée de la conférence et du théâtre, une rencontre avec la végétation sauvage par l’asbl Ecoscénique – spectacle pour adulte avec prise en charge des enfants aux ateliers proposés – Réservation souhaitée à natureaujardin@natagora.be

Présence des associations :
– Apis Bruoc Sella (discussion sur la protection des abeilles et de l’usage des pesticides)
– Worms et les Maîtres Composteurs (conseils sur le compost)
– Natagora (conseils pour un jardin au naturel et présentation du Réseau Nature)
– et dégustation de miel avec Bernard Delforge, apiculteur et membre de la SRABE

Louvain-la-Neuve – Jeudi 26.03

18h : Projection du film « La reine malade », témoignage d’un apiculteur canadien qui défend un modèle d’agriculture mieux intégré à l’environnement mais aussi au paysage et au tissu social

19h30 : Dégustation et vente de miel en compagnie de l’apiculteur Claude Englebert et des asbl BeeLife et CARI pour en savoir davantage sur le sort des abeilles

Programme ici et

Zoos, l’enfer du décors

Vestige d’un passé colonial ou lieu d’avenir pour la conservation et l’étude des espèces ? Bien qu’il donne la parole à tous, le film tranche ici en la défaveur des parcs zoologiques et semble ne pas leur accorder de réel intérêt, présentant les recherches scientifiques et les rares programmes de réintroduction comme des alibis de communication et le discours pédagogique comme ambigüe et vain, tant le lieu continue à perpétuer un modèle de rapport homme-animal contestable.

Le film place le zoo dans son histoire coloniale sans lui trouver une véritable légitimité dans son existence actuelle, celui-ci se heurtant toujours à la contrainte de la visibilité des animaux par le public. Le zoo, comme espace de mise en scène, s’inscrit depuis toujours dans une certaine forme d’approche spectacle, et ce, au détriment des animaux inlassablement cantonnés au sujet inférieur.

Ce qui est principalement débattu par les intervenants ici, c’est l’intérêt même de la captivité. Tout d’abord, parce que les programmes de réintroduction et de recherche sont rares, ensuite, en raison de la qualité souvent relative des conditions de vie que l’on peut offrir aux animaux.

Le film place la problématique dans une perspective antispeciste et pose une question : L’intérêt supposé de la sauvegarde des espèces doit-il primer sur le vécu des individus détenus en captivité ? Les intervenants, ne prêtant majoritairement que peu de vertus aux zoos, notamment dans sa mission de sauvegarde des espèces, sont enclins à ne pas reconnaitre ce statut d’individu ambassadeur de son espèce. Ils défendent en premier lieu le bien être des individus en argumentant que la captivité ne leur convient pas. Toutes les difficultés pragmatiques et les actes quotidiens sont passés en revue : la taille des enclos et leur aménagement ; les stéréotypies que les animaux développent faute de pouvoir exprimer leurs comportements naturels et les enrichissements imaginés par le personnel pour y remédier ; etc. Les longs plans dont la durée et la répétition des mouvements qu’ils montrent rendent inutile le commentaire. Les animaux s’ennuient. L’enclos est vide pour eux, vide de sens. « L’animal n’est pas dans un oubli perpétuel. Il n’est pas cantonné à l’instant ». De cet ennui peut découler une souffrance. « L’animal ne peut même pas appeler à l’aide, les moyens qui sont les siens ne sont en général pas entendus. »

Le film évoque un courant de pensée fort répandu depuis le XXe siècle qui nie la sensibilité animale de manière implicite. En parlant par exemple de « stratégie évolutive », de « stimulus et de réponse »… hors, explique une sociologue, l’animal a bien « conscience d’un soi qui est différent de l’environnement. Voilà un fait qui peut aider à sortir de l’ornière, de dépasser cette voie sans issue autour de la question du sentiment de soi. Au sujet du rapport homme-animal, elle poursuit : « Il y a deux solutions possibles : L’homme n’a de devoir qu’envers ses semblables avec la question corolaire « qui est mon semblable ? » ou bien alors c’est la capacité à souffrir qui fonde des droits naturels (Rousseau) et le cercle des devoirs moraux s’élargit alors pour intégrer les animaux ».

Ce film résolument critique à l’égard de l’intérêt des parcs zoologiques a le mérite de faire s’interroger le spectateur sur sa propre perception de ces espaces de captivité et peut-être plus largement de l’inviter à s’interroger sur son rapport à l’animal.

Les damnés de la mer

 

Quand la petite barque disparaitra…

Des bateaux de pêche et des barques bleues tanguent et s’entrechoquent au grès des petites vagues du port. Un peu plus loin, sur un tapis, 4 ou 5 poissons morts. « Essaouira, premier port sardinier du monde, c’est fini » regrette un homme en voix off. Des hommes à casquette discutent. Ces pêcheurs marocains savent ne pas pouvoir lutter contre les chalutiers étrangers lourdement équipés : « Ils harcèlent les petits pélagiques qui sont en pleine saison de ponte… et ne nous laissent rien… De notre temps, il ne fallait pas aller si loin, le poisson venait jusqu’au port… Aujourd’hui il faut chercher pendant 2 ou 3 jours…».

A Daklha, 200 kilomètres plus au sud, toujours ces petites barques bleues sur des plages jonchées de tas de divers et constructions faites de bois et d’épais tissus troués. Quelques hommes sont venus ici avec l’espoir d’une pêche miraculeuse mais sont finalement immobilisés par un interdit de pêche. Alors que la sécheresse sévit et que les familles cherchent à se nourrir, au large, les chalutiers ramassent par tonnes les prises qui ne nourriront pas la population locale. Incrédules devant cette interdiction de pêche motivée par la protection des stocks de poisson, ils savent que ces bateaux ramassent en pleine mer ce qui leur est interdit. Buvant du thé, ils discutent, loin des leurs, et laissent échapper des rires désespérés quand ils évoquent leur impossible situation à l’ombre d’une tente de fortune.

En pleine mer, à portée de regard depuis la côte, à bord d’un navire suédois, des hommes s’affairent. Le capitaine explique que la politique suédoise en matière de pêche les a contraint à trouver de nouveaux territoires à prospecter : « Ici, pas de problème de quotas » et à l’écran, des flots de petits poissons remplissent les cales. 200 tonnes à cet instant.

Retour à terre dans l’intimité d’une discussion entre mères. Elles espèrent le retour des hommes avec de quoi payer la fête du mouton qui approche. L’une d’elle mendie un calamar, elle le revendra plus tard : « La vie de ma fille dépend du poisson ». 16 ans de mendicité pour cette mère qui ne réussit à envoyer son enfant à l’école que grâce aux poissons que les pêcheurs veulent bien lui laisser. Le soleil se couche sur la plage qui n’accueille désormais que barques vides et cadavres secs de poissons. Les hommes bravent parfois l’interdit et ramènent une maigre prise qui n’excède jamais les 5 ou 6 kilos de poissons. Ils évoquent en mangeant la récente révolte des pêcheurs durement réprimée à Larache. Le vent souffle fort. Les tonnes de poisson stockées dans les cales du chalutier suédois seront exportées au Brésil, Ghana, Egypte, Argentine, …

Ainsi se déroule ce documentaire qui fait se répondre des moments de vie de différents personnages et peint, par petites touches, le portrait de quelques acteurs de la situation catastrophique de la pêche commerciale actuellement : un marin suédois ayant quitté tôt l’école et dont on devine le parcours difficile ; des pêcheurs marocains interdits de pêche qui se demandent comment oser revenir au village sans argent ; d’autres qui travaillent à bord du chalutier suédois et échangent sur les iniquités qu’ils observent entre les travailleurs de la pêche dans le monde ; le tenant d’une épicerie de fortune sur la plage de Dakhla qui incite les hommes à la pêche frauduleuse ; une mère qui mendie le poisson et rêve d’obtenir un permis de pêche jusqu’ici refusé aux femmes afin de subvenir aux besoins de sa famille.
Ce beau film informatif, militant et sensible montre comme la pêche artisanale marocaine pratiquée à bord de ces petites embarcations est une activité essentielle pour l’économie et l’alimentation locales. Mais depuis quelques années, les sardines ont déserté la côte. Le ministère de la pêche a signé des accords avec l’Union européenne, le Japon, la Russie et certains pays du continent africain. Quand les stocks seront épuisés à Dakhla sous l’effet de cette économie capitaliste dévorante et assassine, les pêcheurs iront ailleurs. Ainsi, la mer se vide-t-elle de ses poissons, pillée par les chalutiers le long des côtes, privant la population côtière de ressources alimentaires vitales et menaçant l’écosystème marin (environ les trois quarts des réserves marines surveillées sont à présent complètement exploitées, surexploitées, voire même épuisées – sources : rapport SOFIA 2008).

L’Anthropocène : 15 films et 1 conférence

 

L’anthropocène : un terme autour duquel se rassemblent géologues, climatologues, écologues, historiens et philosophes. Une ère géologique nouvelle marquée par la puissance de l’impact des activités humaines, l’humanité se révélant en même temps incapable de maitriser les effets de ce flot d’innovations technologiques et de dégradations de l’environnement dopé par un modèle de vie consumériste qui refuse les limites. L’Homme est désormais capable de modifier le système Terre, depuis son incidence sur le minuscule (cycle de l’azote ou du phosphore par exemple) jusqu’aux phénomènes systémiques complexes comme le climat de la planète.

Cette ère nouvelle, pour être officialisée par la commission internationale de stratigraphie, doit attendre une décision en 2016. Certains scientifiques la font commencer bien avant, mais elle aurait débuté avec l’ère thermo-industrielle, quand déjà, les pénuries de ressources naturelles ont motivé l’invention de la machine à vapeur. Depuis, des bateaux de pêche toujours plus efficaces et mieux armés pour des prises qui se font de plus en plus rares, une 6e crise d’extinction des espèces, le réchauffement climatique, la déforestation, l’appauvrissement des sols agricoles, l’acidification des océans, etc.

Avant 2016, voici un rapide aperçu en 15 titres de l’impact des activités humaines pour repenser la notion de progrès telle qu’on la définit depuis le 19e siècle sous l’influence du modèle industriel :

 

the great squeeze couvThe Great Squeeze – TM4231 : Remettre en question un modèle de développement en examinant les grandes crises écologiques et économiques actuelles.

Simplicité volontaire  et décroissance, volume 3 – TL7983 : Poser les bases philosophiques pour un regard critique sur un mode de vie consumériste qui détruit la nature et l’humanité.

Regards de climatologues – TP7151 : Comprendre le rôle du dioxyde de carbone et poids actuel des activités humaines sur son cycle et le climat.

Mister Carbone – TM5474 : Comprendre le lien entre le modèle économique et industriel et l’impact des émissions de dioxyde de carbone.

Tipping Point – TM8551 : Faire le lien entre le réchauffement climatique et les modifications de l’écosystème marin (acidification et perte de biodiversité).  

Gulf Stream, le talon d’Achille du climat – TM4361 : Mesurer l’importance des mécanismes de régulation du climat comme le Gulf Stream et imaginer les conséquences de leur perturbation.

Notre pain quotidien – TL6431 : Découvrir les processus modernes de production alimentaires sous l’influence du modèletipping pointb industriel.

Lovemeatender – TN4391 : Comprendre sous un angle systémique les problèmes de la production alimentaire à l’aide d’un exemple : la production de viande.

La fièvre de l’or – TM3931 : Regarder les ravages des techniques d’orpaillage sur l’environnement naturel et social : déforestation, violence, empoisonnement au mercure, etc.

Losing Tomorrow – TM5091 : Déplorer la destruction de la biodiversité végétale et animale, notamment la destruction de la population  d’orang-outang, suite aux activités de l’industrie du bois en Indonésie.

The End Of The Line – TM3760 : Découvrir, de la Grande-Bretagne au Sénégal, en passant par la Chine ou les Etats-Unis, le pillage des ressources marines.

Accros au plastique – TM0251 : Découvrir la pollution de l’environnement par résidus de plastique jusqu’à la formation de gigantesques vortex à la surface des océans.

La grande invasion : Comprendre le lien entre modèle de consommation et production de déchets à l’aide de l’invasion des matières synthétiques comme le plastique.

un nuage sur le toit du monde couvUn nuage sur le toit du monde – TM8975 : Découvrir les nuages noirs de pollution atmosphérique à 5000 m d’altitude dans l’Himalaya où l’air est désormais tout autant pollué que dans les villes d’Europe pour mettre en évidence les liens entre pollution, réchauffement climatique, système hydraulique et agriculture de la région.

Into Eternity – TW4841: S’interroger sur les notions de responsabilité à très long terme de notre mode de vie actuel avec l’exemple de l’enfouissement des déchets radioactifs dans le sous-sol finlandais pour une durée d’au moins cent mille ans.

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus : RDV le 21.02.14 au PointCulture de Bruxelles Centre pour la conférence :

L’événement anthropocène : une révolution géologique d’origine humaine

Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences au CNRS, fait le récit des impacts humains sur l’environnement dans son livre « L’événement anthropocène » (Seuil 2013) et nous invite à vivre et agir politiquement autrement. Il met en cause nos idées reçues sur notre prétendue « prise de conscience environnementale ». Histoire d’une nouvelle ère géologique qui appelle l’émergence de pratiques culturelles adaptées aux enjeux environnementaux.

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Vache de guerre !

Dans le cadre du Weekend du Doc – Projection du film Vache de guerre  en présence des réalisateurs à Liège, le 15 novembre à 18h au PointCulture de Liège.

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Engagés, pacifiques, courageux, ils refusent de séparer l’homme de son environnement. Ce sont les “Liberterres”, les rebelles des agricultures du monde. Cette série a pour ambition de donner la parole à quelques-uns de ces agriculteurs, en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique du Nord, qui se sont engagés, de toutes leurs forces, à cultiver la terre sans la meurtrir, à produire des aliments porteurs de vivant, pour le bien de tous.

André Grevisse est agriculteur et éleveur en Belgique. Son histoire est celle d’un rebelle, un paysan qui mène depuis 1997 une guerre ouverte contre une agriculture conventionnelle, avec son usage intensif de pesticides et d’engrais chimiques. Tombeur de la race Blanc-Bleu belge, il élève aujourd’hui des Aberdeen Angus après avoir converti sa ferme en agriculture biologique. Pour rien au monde, il ne ferait affaire avec les grandes surfaces.

Agenda complet de PointCulture de novembre : http://pointculture.be/files/website-files/0e/86/a6/agenda-pc-def-hd.pdf

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