Bousse nabab – les Maîtres-chèvres

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Rémi est un paysan flamand. Il tire sa vocation de son enfance. Non pas que sa famille l’ai incité à reprendre une exploitation familiale, loin de là. Son père lui répétait même de « bien étudier, ainsi, il n’aura pas à devenir paysan ». Sa vocation lui vient d’ailleurs, de l’émotion de sa mère qui, regardant le journal télévisé, s’émouvait de voir des enfants mourir de faim en déplorant qu’il devait être terrible pour une mère de voir ses enfants affamés. Cette émotion, il en a été témoin, et touché, a décidé qu’il était là le grand défi pour l’avenir de l’humanité : que tout le monde mange à sa faim, et ce, sans détruire la planète.

Ainsi, quelques années plus tard, il fonde le mouvement « Paysans sans frontière » et accompagne des paysans du Burkina Faso et d’ailleurs dans l’adoption de nouvelles pratiques agricoles durables.

Ce que Remi répète plusieurs fois à l’écran, c’est qu’il est important de ne pas faire à la place des autres. Il faut rendre les paysans du monde autonomes dans leurs pratiques. Sa devise : « voir, faire, comprendre et adapter à sa propre réalité ».

Dans ce portait, on le voit qui aime mettre la main à la pâte, se déplacer, face à la caméra on le sent animé d’une vrai volonté de convaincre appuyant ses propos par de larges gestes des mains.

Le film raconte la démarche de ce paysan au franc-parler qui revient sans arrêt au faire et au travail quotidien. Direct mais sensible, se trouvant à l’étroit dans les labels, ses ambitions sont grandes mais à la hauteur du défi qui attend l’humanité à la fin de ce siècle.

film disponible chez PointCulture

Frédérique Müller

 

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La fête des possibles

Bandeau

 

Le mode de vie moderne, fondé sur la croissance et l’abondance des combustibles fossiles, s’épuise. Différentes études se complètent pour conclure à la fin du modèle économique du capitalisme industriel, et ce, probablement avant la fin du XXIe siècle. Comme premiers signaux, les différentes crises qui se succèdent et se font échos : économiques, sociales, politiques, environnementales, etc.

Ce constat pousse à imaginer des alternatives et redéfinir des concepts clés comme le progrès, la prospérité et tout un système de valeurs. Il ne s’agit pas seulement de survivre aux changements climatiques et à la fin du pétrole mais de construire une société qui puisse mieux répondre aux besoins essentiels des humains, qu’ils soient physiques, psychologiques ou même spirituels.

Sur ce vaste chantier de réflexion et d’expérimentation, le citoyen occupe une place essentielle. Depuis plusieurs dizaines d’années, certains ont commencé à expérimenter des alternatives dans des domaines variés tels que l’économie, l’alimentation, l’énergie, la consommation, l’éducation, etc. Ensemble, ces initiatives concourent à provoquer un véritable bouleversement culturel par les changements de cadres qu’elles opèrent.

Pour découvrir, comprendre et soutenir ces initiatives, une Fête des possibles se tiendra en Belgique et en France du 18 au 30 septembre.

Activités dans les PointCulture

PointCulture soutient la fête des possibles et y participe à sa manière en proposant des activités qui interrogent notre rapport à la ville dans le cadre de sa thématique URBN.

Une journée entière consacrée à la ville poétique au PointCulture Liège

Un atelier de construction de mobilier urbain avec des matériaux de récupération au PointCultureNamur

Dix films à voir – et disponibles chez PointCulture

Ci-dessous, une sélection de dix films qui permettent de découvrir des initiatives dans des domaines variés (alimentation, énergie, mobilité, etc.), en Belgique et ailleurs, mais aussi d’aborder des questions de fond :

En quête de sens, un voyage au-delà de nos croyances (Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière, 2015)

Demain (Mélanie Laurent et Cyril Dion,  2015)

Cultures en transition (Nils Aguilar, 2012)

La Possibilité d’être humain (Thierry Krugger et Pablo Girault, 2013)

L’Urgence de ralentir (philippe Borrel, 2014)

Sur les routes d’une Belgique sans carbone (Alexander Van Waes, 2015)

Les Liberterres (Jean-Christophe Lamy – Paul-Jean Vranken, 2009-2015)

Visions citoyennes 1 et 2 (Christophe Joly, 2013)

Tout s’accélère (Gilles Vernet, 2016)
Et bien d’autres en cours d’acquisition…

Et sur le web

On passe à l’acte : un site passionnant abritant des interviews de porteurs d’initiatives et des réflexions

Le Flipper de la transition : un web documentaire dynamique sur des initiatives de transition belges

Pour aller plus loin…

Outre l’intérêt évident qu’apportent les initiatives de transition en termes d’expérimentation pratique et d’innovation dans la conception d’une société sans pétrole, d’autres apports majeurs naissent de l’analyse des différents processus à l’œuvre dans la mise en place de ces alternatives : réflexion sur les méthodes de travail participatif, soin accordé aux processus émotionnels, remise en question des contextes culturels et historiques qui fondent une société, etc. Pour découvrir ces aspects, voici quelques références à consulter :

Une conférence filmée sur la collapsologie et la transition avec Pablo Servigne, co-fondateur du concept de collapsologie et Vincent Wattelet du réseau Transition belge lors d’une conférence donnée en juin 2017 au PointCulture Bruxelles dans le cadre de la thématique Nature Culture :

 

Un livre : Petit traité de résilience locale, en collaboration avec Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton, 2015, Éditions Charles Leopold Mayer.

Un article dans la revue Culture et Démocratie n° 44 de janvier 2017 sur l’imaginaire du futur avec Vincent Wattelet (réseau Transition) et Frédérique Müller (PointCulture) :

Une revue : le numéro 123 (septembre/octobre) de Imagine, demain lemonde – « Vivre en préparant la fin du monde »
Frédérique Müller


fete-des-possibles.org

Anaïs s’en va-t’en guerre

anais s'en va couv

 

C’est l’histoire d’une jeune fille qui fait preuve de courage, de détermination, de force, de savoir-faire mais aussi de fragilité lorsqu’elle se heurte à un monde agricole verrouillé par des pratiques industrielles et la lourdeur administrative.

 

Anaïs, 24 ans, cultive des plantes aromatiques et médicinales. Elle les manipule d’un geste assuré mais tendre. Capable d’affronter la rudesse du climat, la pluie quand elle se trouve perchée au sommet d’une serre qu’elle installe, la solitude dans sa petite caravane sans eau ni électricité ou dans le métro parisien avec un cageot rempli du fruit de son travail posé sur les genoux, Anaïs s’entête. Agenouillée dans son champ, vêtue de pulls rugueux, de bottes en caoutchouc sur des pantalons sombres tachés de terre qui ne dissimulent pas la beauté à la fois forte et fragile de la jeune femme, Anaïs poursuit son rêve.

 

Le film s’ouvre sur un moment de découragement et de colère mais une visite de son professeur lors d’une séance de désherbage, les mains dans la terre, lui permettent de reprendre contact avec « ses amies les plantes » et d’enraciner en peu plus encore sa volonté de poursuivre.

 

Au centre de chaque plan du film, cheveux au vent, Anaïs entraine le spectateur qui vit avec elle de multiples émotions : peur, colère, tristesse, angoisse, satisfaction. A son sujet, la réalisatrice, Marion Gervais, parle même de rage :

 

« Elle vivait dans une cabane, sans eau, avec une électricité à 12 Volts. Elle m’a raconté qu’elle menait un combat, celui de devenir agricultrice, de vendre des tisanes dans le monde entier. J’ai été séduite par sa rage, cette volonté de ne pas subir sa vie. J’ai voulu la filmer. J’ai contacté Quark Productions, et ils ont soutenu le projet. Je me suis immergée dans le monde d’Anaïs pendant presque deux années entières. J’allais déjeuner avec elle, l’aider dans ses champs, la filmer. Au final, le film est l’aboutissement de deux ans de rencontres régulières, de respect et de confiance mutuelle et d’amitié, une relation qui s’est construite de manière instinctive et naturelle. »

(propos recueillis sur : http://www.madmoizelle.com/anais-guerre-film-bretagne-262009

C’est un portait tout en contraste, celui d’Anaïs en premier lieu, mais celui-ci illustre aussi toute la difficulté des alternatives à l’agriculture d’aujourd’hui et toute l’importance des productions faites à plus petite échelle.

 

 

Un film qui inspire l’envie de reprendre le contrôle de sa vie et d’aller jusqu’au bout des projets les plus ambitieux.

 

 

 

Film disponible chez PointCulture

 

Frédérique Müller

En quête de sens

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Ce film est le récit de la prise de conscience d’un dysfonctionnement à la fois sur le plan sociétal et sur le  plan personnel pour Marc de la Ménardière, narrateur et co-auteur de ce récit filmé par son ami d’enfance qu’il vient de retrouver.

 

Marc travaille pour une multinationale de commerce d’eau en bouteille à New York lorsqu’il se casse le pied et, immobilisé, s’attaque à une pile de films documentaires sur la marchandisation du monde recommandés par un ami d’enfance en visite. Il prend alors conscience qu’il fait partie du problème et décide de se joindre à son ami, Nathaël Coste pour comprendre comment amener le changement.

 

Combinant une quête personnelle de retrouver du sens à la vie à un besoin de compréhension des mécanismes, c’est un film sur le chemin parcouru, tant en termes de kilomètres autour du monde que d’heures de réflexion (et très certainement aussi de montage). Ce chemin est fait de découvertes, de questions et surtout de rencontres.

 

Avec des sensibilités et des pratiques différentes, chaque intervenant, à sa manière, offre des possibilités. Le film rapporte ainsi la parole de scientifiques, d’historiens, d’économistes, de chamans et de guides spirituels, de penseurs et de militants. Toutes les personnes sont interrogées avec curiosité et enthousiasme. Au spectateur ensuite de faire son propre chemin, son propre travail de digestion pour s’interroger sur ces choix que nous faisons en ayant souvent pas ou trop peu réfléchis. L’envie d’aller à chaque fois plus loin dans la complexité que sur le plan personnel se lit dans le regard des deux amis.

 

Ce film ose aller là où beaucoup d’autres s’arrêtent en s’aventurant sur la voie de l’introspection ; de la spiritualité, de ce que la volonté de changement opère en soi. Il aborde ainsi des aspects essentiels aujourd’hui. Un film ambitieux et réussi.

Film disponible chez PointCulture

Frédérique Muller

RDV le 30 avril 2016 : Portraits d’agricultures

« Portraits d’agriculture »

Des portraits pour parler du monde paysan

 

Samedi 30 avril à partir de 15h au PointCulture de Liège

 

15h : Projection inédite du portait d’Olga Voglauer, productrice de lait, tiré du film « Les Liberterres » de Paul-Jean Vrancken et Jean-Christophe Lamy : Le lait des vaches d’Olga est vendu en filière courte. En refusant d’agrandir son cheptel et de dépendre des banques, elle défend une alternative au modèle agricole conventionnel. (durée 30 min)

 

15h30 : Pièce de théâtre documentaire « Nourrir l’Humanité, c’est un métier » de la compagnie Art et Tça avec Charles Culot et Valérie Gimenez : Pour comprendre le déclin de l’agriculture familiale, deux acteurs, dont un fils d’agriculteur, ont récolté les témoignages d’une réalité paysanne douloureuse. Dans l’ambiance d’une petite cuisine, ils incarnent sur scène ces agriculteurs. (durée 1h15)

 

16h45 : Discussion et  dégustation en présence des réalisateurs et comédiens pour discuter de l’agriculture qu’il s’agisse d’alternatives ou du système conventionnel.

 

Gratuit – réservation souhaitée au 02 737 18 51 ou frederique.muller@pointculture.be

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RDV : L’agroforesterie à Haïti

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Après-midi consacrée à Haïti au PointCulture de Liège le 19 décembre !

Divini A.I.S.B.L. présentera son projet de coopération Nord-Sud en Haïti. Celui-ci consiste en l’élaboration d’une ferme-concept par un partage de savoir entre agriculteurs belges et haïtiens, dans le but de maintenir et (re)développer une production alimentaire locale, durable et auto-suffisante.

À cette occasion sera projeté le film-documentaire “Bousse Nabab – les Maîtres Chèvres” dont le personnage central n’est autre que Rémy Schiffeleers, chevrier à Alken et partenaire de l’association Divini. Ce film illustrera un bel exemple d’une collaboration Nord/Sud. Par ailleurs, des agriculteurs haïtiens témoigneront de leurs expériences sur le terrain. Comme cerise sur le gâteau, Divini proposera une dégustation de fromage de chèvre local et son bar à cocktails.

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Programme détaillé

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16h
Le Divini-Bar propose des boissons haïtiennes comme des cocktails de fruits, ti punch et café.

16h30
Projection du film « Bousse Nabab – les Maîtres Chèvres ».

Réalisateur : Jean-Christophe Lamy et Paul-Jean Vranken
Année : 2014
Pays : Belgique
Type : Documentaire
Durée : 35min

17h05
Témoignage d’agriculteurs haïtiens en formation en Belgique.

17h35
Bar et dégustation de fromage de chèvre produit par Remy Schiffeleers. Ce dernier pratique depuis plus de 30 ans un élevage en circuit fermé ; production de la nourriture pour les chèvres, transformation complète de la traite en fromage, amendement des terres par le fumier.

Entrée libre

lieu : http://liege.pointculture.be/

 

Les chèvres de ma mère

Ce film sur la transmission d’une ferme au cœur des Gorges du Verdon mêle deux histoires, celles de deux femmes qui s’engagent pour le même métier dans un même creux de montagne mais sont confrontées à des réalités bien différentes.

les chevres de ma mere couvMaguy prend sa retraite et transmet son exploitation à la jeune Anne-Sophie qui lui succède dans le cadre d’un parrainage. Les débuts de la jeune fille renvoient Maguy à sa propre histoire et le spectateur est témoin du décalage qui sépare les deux femmes.

Le parcours d’Anne-Sophie témoigne de la réalité du monde agricole aujourd’hui et de la difficulté de s’installer pour les nouveaux agriculteurs face à la lourdeur des démarches administratives et au poids des réglementations, notamment sanitaires. Alors que Maguy s’installait dans les gorges du Verdon après mai 68 dans une bergerie en pierre, faisant le choix de la rupture avec une société dont elle voulait s’éloigner, Anne-Sophie fait livrer une bergerie « tout en plastique, stérile et prête à brancher », un bloc de 12 mètres de long sur 3 mètres de large, parfaitement aux normes et prêt à être posé quelque part, reste à choisir l’endroit et ce n’est pas chose facile tant l’esthétique du paysage semble menacé par l’entreprise. Le film peut sembler un peu caricatural : le portrait d’une ancienne soixante-huitarde éprise de liberté qui s’installait il y a 40 ans dans la montagne, parce qu’elle en avait envie et besoin, apprenant le métier à la dure et en autodidacte, se heurte à celui de la jeune débutante, pas toujours à l’aise, sortant de l’école, encore en apprentissage, assistée par des aides financières qui en même temps la contraignent et l’étouffent. Avec ces deux femmes, c’est l’impossible comparaison du passé avec le présent, des générations entre elles.
Au-delà des portraits, le film raconte surtout l’émotion et la douleur d’une transmission, de ce cheminent à faire, éminemment intérieur pour Maguy, qui doit accepter de laisser s’échapper les choses, de se séparer de son troupeau, fruit de plusieurs années de sélection, de travail, de choix et d’attachement, mais aussi de ses faisselles, ces petits seaux de plastique perforés, usés, qu’elle a manipulés toute sa vie et avec lesquels elle a appris son métier, s’est forgé une pratique. Elle ne veut pas les céder au début du film, y consent à la fin.

Souvent critique et doutant de la qualité des fromages qui seront produits après elle, Maguy semble sceptique à l’égard du projet d’Anne-Sophie durant la majeure partie du film. Le spectateur ne décèle que progressivement, par petites touches, et surtout dans le dernier tiers, toute la tristesse et la douleur de cette femme devenue bergère qui se prépare à quitter la ferme et son troupeau. Au presque terme du film, Maguy admet être toujours incapable de se projeter dans un avenir sans chèvres. Le film accompagne cette véritable progression émotionnelle et se fait le témoin, au fil des saisons de la difficulté de la cessation d’activité et de cette transmission qui a peut-être aussi de compliqué qu’elle est sans lien de filiation.

Automne 2012, les derniers gestes pour l’une, les dossiers interminables pour l’autre. Le film s’achève, non pas sur la réelle passation d’activité car Anne-Sophie est toujours aux prises avec d’inextricables complications administratives et financières, mais quand Maguy fait ses au-revoirs à ses chèvres.

RDV : Le Festival AlimenTERRE à Liège

Le Festival AlimenTERRE débarque à Liège les 21 & 24 octobre !

La collection Environnement de PointCulture, aux côtés d’autres associations, participe à cet évènement !

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Un moment d’information et d’échange de tous ceux qui s’intéressent aux enjeux alimentaires et agricoles dans le monde, le Festival de films AlimenTERRE est organisé pour la première fois à Liège.

Une quinzaine d’organisations se sont mobilisées pour proposer un programme riche durant deux jours : deux films de qualité suivi de débats en présence d’experts, mais aussi une exposition, un atelier cuisine, des dégustations et une foire des initiatives locales pour découvrir des alternatives agricoles et alimentaires à Liège.

Un événement co-organisé par Autre Terre, Barricade, Beau Mur, Casa Nicaragua, Centre culturel des Chiroux, CNCD-11.11.11, Crié/Éducation à l’environnement, Divini, Ecolo J, Frères des Hommes, PointCulture, Solidarité Mondiale, SOS Faim et Univers Sud.

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Mercredi 21/10 – Centre culturel des Chiroux

18h – Exposition commentée “Tous pour tous” et mise en bouche à base de produits locaux
19h – Projection du film “Food Chains” (Sanjay Rawal, 82′, États-Unis)
20h30 – Débat “Quel est le coût humain de notre système alimentaire ?” en présence de Benoît Olivier (Miel Maya Honing), Sara Vigil (CEDEM-ULG) et Serge Pereboom (Mouvement d’Action Paysanne).
Modération par Hugues Dorzée, rédacteur en chef de Imagine Demain le Monde.

Samedi 24/10 – Crié de Liège

15h – Atelier cuisine (inscription obligatoire)
18h – Dégustation et foire des initiatives locales
19h – Projection des films “Remuer la terre, c’est remuer les consciences” (Eric Oriot,15′, FR) et “Semer le futur” (15′, Liège)

20h – Débat “Liège nourrit Liège : un rêve ou une réalité ?”, en présence de Christian Jonet (coopérative Les Compagnons de la Terre), Sarah Rémy (maraîchère au Jardin de la Fouarge) et Philippe Caprioli et Pierre Ozer (boulangerie Un pain c’est tout et coopérative Circouloc).
Modération par Emilie Thomas (Inter-GAC/Beau Mur).

Infos pratiques
Retrouvez le programme complet (trailers des films, thèmes des débats, etc.) sur http://www.festivalalimenterre.be
L’accès aux deux soirées est à prix libre. Inscription obligatoire pour l’atelier cuisine : 04/250 75 10

Centre culturel des Chiroux : Place des Carmes, 8 – 4000 Liège
Crié : Parc du Jardin Botanique, rue Fusch, 3,4000 Liège

Leviathan

Il ne ronronne pas, ne ronfle pas comme un gros navire de croisière mais il grince. Il fait s’entrechoquer les lourdes chaines qui hissent les filets, heurte les rouleaux que lui oppose la mer. Le chalutier avance grossièrement en surface, obstinément, par tous temps, de jours comme de nuit.

A son bord, des hommes s’agitent, silencieux et concentrés. Ils tirent, poussent et ramassent sur un rythme effréné. Ils s’affairent autour du flux de poissons et de coquillages que les bateaux charrient. Épuisés, hagards, abimés, ils font parfois une pause au cœur de la nuit.

La machine tire bruyamment les longs filets qui extirpent inexorablement la vie des océans et rejette à la mer des morceaux de corps de poissons coupés par le travail des pêcheurs, meurtris par l’étreinte des filets ou écrasés par la remontée depuis les profondeurs.

Les oiseaux, intrépides charognards, suivent avec intérêt le sillon de ces Léviathans et se risquent parfois à bord avant de vite s’en enfuir.

Le film nous plonge au cœur du long et périlleux travail à bord des navires de pêche. L’image semble crue, moderne mais granuleuse. Les couleurs très contrastées et la bande son sont très travaillées. Les plans se succèdent, vue subjective, macroscopique ou plans plus larges, sans pour autant perdre en cohérence. Une série de caméras ont été fixées aux hommes, aux machines et aux bateaux. L’une d’elle, fixée à la coque d’un navire, plonge juste sous la surface des eaux noires de l’océan et remonte brièvement vers un ciel lourd comme pour reprendre haleine. Le regard du spectateur est soumis aux mouvements des hommes et des machines, les plans brouillant parfois les repères dans l’espace.

Pas de commentaires, ni d’interviews ou de discours didactique sur le travail des pêcheurs mais un film étrange, aux ambiances psychédéliques, fasciné par la mythologie de la pêche. L’homme, le marin, est ici au cœur de la bête-machine, au cœur de l’océan mythologique.

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