Des abeilles et des pesticides

abeille-couleur @clotilde goubely copie“Des abeilles et des pesticides”

Projections et activités du 20 au 28 mars

à Louvain-la-Neuve, Liège et Bruxelles (Uccle)

 

 

Dans le cadre de la semaine sans pesticides organisée du 20 au 30 mars 2015, PointCulture propose plusieurs activités :

– une série de projections du film « La reine malade » : un très beau témoignage d’un la reine malade couvapiculteur canadien qui raconte sa vision du métier et aspire à une agriculture mieux intégrée à l’environnement ais aussi au tissu social.

– Et puis, pour mettre en lien le film avec son contexte, nous avons invité toute une série d’asbl et d’apiculteurs pour en savoir plus sur les abeilles, les menaces qui pèsent sur elles et réfléchir aux pratiques agricoles en général.

L’on pourra donc en fonction du lieu : Observer des abeilles dans une ruche vitrée, boire de l’hydromel, écouter des contes, assister à une conférence ou à un spectacle, construire un hôtel à insecte, découvrir des alternatives à l’utilisation des pesticides, etc.

Programme complet :

Liège – Mercredi 25.03

15h10 : « L’abeille, sentinelle de l’environnement », conférence sur les causes de disparition des abeilles par Didier Brick, biologiste et apiculteur, collaborateur du Service d’Ethologie de l’ULg, actif au sein des Amis de la Terre, formateur à la Fédération Liégeoise d’Apiculture et consultant dans le cadre du Plan Maya de la Ville et de la Province

16h45 : Bar à bières artisanales au miel, dégustation et vente de miel en présence des apiculteurs Xavier Mossoux et Philippe Meloni (BeeGold) accompagné de ses abeilles dans leur ruche vitrée !

Liège – Vendredi 27.03

15h15 : Projection du film « La reine malade », témoignage d’un apiculteur canadien qui défend un modèle d’agriculture mieux intégré à l’environnement mais aussi au paysage et au tissu social

16h50 : « Le monde des abeilles », une animation en 10 points pour découvrir les abeilles avec du matériel apicole et des éléments ludiques par Sylvie Decerf, guide nature

17h30 : Bar à bières artisanales au miel, dégustation et vente de miel en présence de Philippe Meloni, apiculteur chez BeeGold, accompagné de ses abeilles dans leur ruche vitrée !

De 15h à 19h : Dégustation de gaufres et d’hydromel avec la Confrérie du Grand Apier de Tilff

Uccle – Du 23.03 au 28.03

Exposition de Natagora sur le jardin au naturel par le dessinateur Servais : récolte d’eau de pluie, alternatives aux pesticides, aménagements naturels : compost, mare, haie, nichoirs, etc.

Uccle – Jeudi 26.03

19h : Projection du film « La reine malade », témoignage d’un apiculteur canadien qui défend un modèle d’agriculture mieux intégré à l’environnement mais aussi au paysage et au tissu social

20h30 : conseils et astuces avec Natagora sur les alternatives aux pesticides et dégustation de miel

Uccle – Samedi 28.03

14h : Mot d’introduction par Bruxelles Environnement (IBGE) en présence de la Ministre Bruxelloise en charge de l’Environnement.

14h-17h : Ateliers proposés à un public familial :
– lecture et contes à partir de 3 ans sur l’eau et les abeilles par Roxane Ca’Zorzi (de 14h à 15h)
– construction de nichoirs à insectes avec l’asbl Natagora en collaboration avec le Comité de Quartier Floride-Langevelt (de 15h à 17h)
– animation autour de l’eau à Bruxelles par l’asbl Natagora en présence de la fontaine de Vivaqua (de 16h à 17h)

14h30-16h00 : Spectacle/conférence « Graines de Voyous » : à la croisée de la conférence et du théâtre, une rencontre avec la végétation sauvage par l’asbl Ecoscénique – spectacle pour adulte avec prise en charge des enfants aux ateliers proposés – Réservation souhaitée à natureaujardin@natagora.be

Présence des associations :
– Apis Bruoc Sella (discussion sur la protection des abeilles et de l’usage des pesticides)
– Worms et les Maîtres Composteurs (conseils sur le compost)
– Natagora (conseils pour un jardin au naturel et présentation du Réseau Nature)
– et dégustation de miel avec Bernard Delforge, apiculteur et membre de la SRABE

Louvain-la-Neuve – Jeudi 26.03

18h : Projection du film « La reine malade », témoignage d’un apiculteur canadien qui défend un modèle d’agriculture mieux intégré à l’environnement mais aussi au paysage et au tissu social

19h30 : Dégustation et vente de miel en compagnie de l’apiculteur Claude Englebert et des asbl BeeLife et CARI pour en savoir davantage sur le sort des abeilles

Programme ici et

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La reine malade

la reine malade couvDans la région des Hautes-Laurentides au Canada, Anicet Desrochers, un jeune apiculteur s’émerveille devant la jolie couleur blanche et brillante de son miel. Mais la contemplation fait vite place à l’inquiétude, les abeilles se meurent. Le documentaire fait se répondre des moments informatifs sur le taux croissant de mortalité des abeilles et de belles séquences qui prennent leur temps pour montrer le travail d’un homme aux paroles simples et intelligentes. Au début du film, il est au téléphone, des pourcentages défilent, 10 %, 40 %, 25 %… ce n’est qu’un peu plus tard qu’on comprend qu’il s’agit du pourcentage de perte annuelle des ruches. Plus loin dans le film, lors du Congrès apicole de Montpellier en 2009, des scientifiques et des apiculteurs du monde se succèdent à l’estrade. Ils présentent leurs produits et témoignent de leurs difficultés. Les interventions se suivent mais ne sont progressivement plus sous-titrées. On comprend que les situations se répètent, singulières et similaires à la fois. Ce sont à chaque fois des apiculteurs qui sont menacés mais aussi des familles, des savoir-faire, des particularités liées à la biodiversité locale, au climat, aux pratiques et au cheptel. « Il y a partout de beaux produits » s’enthousiasme Anicet après avoir remporté une médaille pour son hydromel. Un scientifique explique ensuite que diverses causes interagissent dans un cercle mortifère : pesticides ; pauvreté génétique des cheptels due aux méthodes de sélection ; changement climatique ; agents pathogènes ; certaines pratiques agricoles (qualité et récolte de l’alimentation des vaches par exemple) ; etc. Les abeilles affaiblies sont menacées par leur environnement. L’apiculteur compare sa compagne et sa fille à des reines, il parle de symbiose et le spectateur voit des abeilles partout, dans les voitures, dans les maisons, même le reggae qu’il écoute le ramène à son métier. Egalement éleveur de reines, il privilégie les capacités naturelles des races rustiques pour rendre plus résistantes les abeilles domestiques. On le voit sélectionner, envoyer, surveiller ses abeilles, par tous temps. L’homme vit en permanence avec elles. Quand il regarde par la fenêtre de sa maison, il explique comment dans cet univers étrangement artificiel que nous fabriquons (défrichage, changement climatique, alimentation artificielle des vaches, plantes génétiquement modifiées, transport d’abeilles par camions pour la polonisation des cultures, etc.), ses abeilles maintiennent la vie, amènent avec elles une respiration. L’homme veut, à l’aide de son apiculture, « créer une balance dans le déséquilibre ». Il raconte son travail, ses difficultés et ses craintes pour l’avenir mais surtout sa conception d’une apiculture sereine, intégrée dans la région, la population et la nature. Les grands gestes qu’il dessine de ses mains forment avec ses paroles le contour d’un projet généreux. On découvre ici un problème multifactoriel par le témoignage d’un apiculteur touchant qui possède une vision respectueuse et chaleureuse de l’apiculteur et du rapport à l’environnement.

voir le site d’Anicet Desrochers

Maya l’ouvrière

               L’abeille fait partie de ces espèces animales qui impressionnent fortement l’imaginaire et avec lesquelles nous entretenons un lien privilégié, et ce, quelques soient les continents et les époques. Notre relation à l’insecte est orientée par la volonté d’observer des similitudes et des affinités entre la société humaine et celle des abeilles. Son organisation sociale, sa capacité à produire le miel dont l’humanité se régale depuis plus de 10 000 ans, en opposition au caractère menaçant et dangereux de son dard,… autant d’attributs qui ont rencontré un intérêt utilitaire ou un écho symbolique chez l’Homme, et qui cadrent aujourd’hui notre rapport à l’espèce.

La structure sociale, source de fascination et d’inspiration

Au service d’une reine (que l’on croyait être un roi jusqu’au 17e siècle), les abeilles obéissantes sont à l’origine d’une symbolique impériale qui inspira par exemple l’Egypte ancienne, les Mérovingiens ou encore Napoléon. Ouvrières uniformes de la ruche, elles incarnent le fantasme d’une société laborieuse, harmonieuse, organisée, infatigable et disciplinée. Tout comme la fourmi, l’abeille est inexorablement soumise à son destin de travailleuse. Dans le premier épisode de la série d’animations pour enfants Maya l’abeille, c’est la première leçon qu’apprend la toute fraichement née Maya : « Les abeilles viennent au monde pour travailler » (à 11). Les jeunes abeilles doivent faire l’apprentissage des dangers et des secrets de la nature pour devenir des ouvrières efficaces. Dans Drôle d’abeille (Bee Movie), la ruche est une organisation de castes avec ses héros et ses petites mains, satisfaites d’accomplir le travail quotidien et d’être chacune un rouage de la machine collective. Le travail de butineurs est confié à l’élite : de gros mâles virils à l’allure de guêpe qui décollent de la ruche tels des avions de chasse, admirés et enviés par la jeunesse apicole. Pour tirer quelques vertus pédagogiques de ce film, il faudra passer sur d’assez nombreuses invraisemblances naturalistes et une place douteuse accordée à l’exploitation industrielle dans l’équilibre de l’écosystème, pour ne retenir que le message de sensibilisation sur l’importance de la pollinisation pour le monde. Dans ce film, un jeune diplômé se rebelle contre le « penser abeille » fait de routine et de labeur. Il découvre que l’Homme fait le commerce du miel et se révolte devant les conditions épouvantables de vie des abeilles domestiques. Il organise la résistance et le travail cesse. Mais sans pollinisation, le monde est menacé et tout dépérit. Réalisant leur erreur, les abeilles reprennent le travail. Terminées les journées passées à siroter du miel dans les ruches. Cette même hérésie de la paresse et de la rébellion au sein d’un système productif hyper hiérarchisé est mise en scène, cette fois de manière décalée, dans la série d’animation Minuscule. Ici, les abeilles trouvent des moyens détournés et amusants d’accomplir leur tache. L’adhésion à un projet commun, la soumission à une autorité suprême, l’efficacité du travail de l’essaim, une production ininterrompue, la protection de la communauté, voici autant d’aspects qui ont éveillé l’intérêt de l’Homme, tel que peut en témoigner le vocabulaire anthropomorphique utilisé pour décrire les abeilles (reine et ouvrières) et qui ont même inspiré certaines méthodes modernes de gestion d’équipe en entreprise.  

La résonance symbolique de la ruche est très forte. Ce qui interpelle, c’est le caractère géométrique des alvéoles, mis en parallèle avec l’organisation du « travail » et associée à la protection maternelle. La ruche devient un athanor clos où l’insignifiant pollen est transformé en essence précieuse et dorée. L’esprit de la ruche, un film mélancolique à la couleur de miel, raconte l’histoire d’une petite fille dont le père se perd en silence dans une mystérieuse étude entomologique. Les carreaux des fenêtres de la maison sont tels les alvéoles d’une ruche. La métaphore est évidente, à l’image du lien fantasmé par le père entre la société des insectes et la société humaine. Dans son cahier, parlant des abeilles, il relate « l’effort impitoyable et indispensable, le sommeil ignoré annonçant le travail du lendemain, les allées et venues fébriles, l’incessante activité de la multitude, le bourdonnement incessant et énigmatique des nourrices … » (à 24’25). Le bourdonnement, à lui seul, signifie l’abeille. Dans les décors peints du film l’Ile mystérieuse qui plongent le spectateur au cœur des livres de Jules Verne, un groupe de rescapés tente de survivre sur une île étrange. A l’occasion d’un moment de repos, un couple découvre des traces de miel sur des rochers. En remontant la piste sucrée, le couple est attaqué par des ouvrières géantes au bourdonnement cacophonique, soutenu par une musique oppressante. Au cours de leur fuite, et au lieu de la reine, c’est le navire du capitaine Némo qu’ils découvrent au fond de la ruche (à59’).

Le miel, source de gourmandise

La première motivation de l’Homme à se rapprocher des abeilles fut probablement la gourmandise. Le miel est utilisé depuis l’Antiquité pour sucrer les aliments ou soigner les blessures. La consommation de miel est ancienne mais l’apiculture ne s’est réellement développée qu’à partir du 18e siècle. Partout dans le monde, depuis les montagnes de l’Himalaya (Chasseurs de miel)  jusqu’aux côtes ensoleillées de Provence (Vie et mort d’une abeille), la pratique se perpétue et s’affine. Les pratiques apicoles et le fonctionnement de la ruche sont minutieusement filmés dans un documentaire court de 1960 aux images vieillies et teintées de sépia L’abeille et les hommes. On y voit l’évolution des ruches artificielles, depuis les chaumières en paille jusqu’aux aux résidences de chalets alignés. Les abeilles y vivent une courte vie de labeur permettant aux Hommes de savourer quelques douceurs et de profiter de quelques remèdes. Les vertus nutritives et curatives des produits de la ruche continuent à être reconnues aujourd’hui (propolis, miel, gelée royale).

Le dard, source d’interprétation symbolique

Animal à la double nature, la douceur de son miel s’oppose au piquant de son dard. L’abeille est à l’image du Christ qui accorde la miséricorde autant qu’il punit. Au cours du temps, l’humanité a attribué à l’insecte un certain nombre de qualités métaphysiques. Elles incarnent par exemple l’aboutissement du travail initiatique. Dotées de la capacité de voler vers le ciel, elles possèdent aussi les propriétés d’immortalité et de résurrection. Dans le film La belle histoire, les abeilles accompagnent les personnages pour une histoire d’amour de 2000 ans sur fond de réincarnation et de divin et où « Les abeilles piquent seulement ceux qui ne sont pas innocents ». Le domaine apicole du film Oncle Boonmee est un cadre privilégié pour se souvenir des ses vies antérieures. Dans Candyman, l’abeille est associée à la naissance d’un tueur à l’origine surnaturelle. Le personnage est construit sur cette même opposition entre douceur et punition. La fiction, fascinée par le dard et le groupe, a par ailleurs imaginé de nombreux films où les insectes ont muté jusqu’à devenir de véritables tueurs. Dans L’inévitable Catastrophe (The Swarm), le danger est représenté par l’essaim et la multitude. Le dard peut aussi être celui de la justice morale. Dans Viva Maria, une ruche posée sur les rails permet de stopper un train filant à l’assaut d’une révolte paysanne. Les abeilles se font alors de précieuses alliées dans la défense des opprimés (à 1’27’12). L’abeille apporte aussi l’inspiration, elle offre le don de la poésie à Pindare et celui de la science à Pythagore. Elle est symbole d’éloquence et d’intelligence. Saint Ambroise et Platon, séparés par quelques décennies, ont accueillis tous deux un essaim d’abeilles dans la bouche et s’en sont vus gratifiés du don de l’oraison.

L’espèce menacée, source d’inquiétude

Il existe environ 20 000 espèces d’abeille dans le monde, dont la plus connue en Europe est Apis mellifera, pour son utilisation en apiculture. La majorité des abeilles ne produit pas de miel mais toutes les espèces jouent un rôle dans la pollinisation des plantes, en particulier celles cultivées par l’Homme. Hors, depuis quelques années dans l’hémisphère nord, les apiculteurs observent une importante mortalité des abeilles (syndrome d’effondrement des colonies). Les raisons sont sans doute multiples. La trilogie militante Le Titanic apicole explore avec conviction toutes les pistes actuellement discutées expliquer cette mortalité (pesticides, parasites, ondes magnétiques, espèces invasives, OGM, agro-carburant, stress). Avec Le mystère de la disparition des abeilles, le spectateur est touché et ému par la dure vie des abeilles à qui l’on doit tant. Il découvre comment, à partir de pollinisateurs sauvages robustes, la domestication et la sélection ont abouti à la fabrication de petites ouvrières fragiles qui luttent désormais pour survivre. Ce que les abeilles faisaient auparavant naturellement, est devenu aujourd’hui l’objet d’enjeux économiques énormes (utilisation pour la pollinisation des plantes cultivées par l’Homme). Les abeilles sont devenues itinérantes, sans attaches, transportées de champs toxiques en monocultures délétères, ouvrières jetables, dopées et malnutries. Il n’est pas commun de se sentir en empathie avec un insecte et pourtant, le spectateur sera bouleversé par ces petits corps fatigués de travailleuses, devenues sentinelles de la qualité de notre environnement.

Ces images qui allient vertus esthétiques, ludiques, éducatives ou militantes, nous font nous interroger et nous poussent à vouloir agir. En aidant les abeilles, nous nous aidons nous-mêmes. L’histoire des abeilles révèle notre rapport à la nature, à l’environnement, au monde. C’est l’histoire de la domestication, de l’agriculture, de l’industrialisation et du « progrès » qui a conduit à la multiplication des sources de pollution qui se combinent aujourd’hui entre elles.

 Références Médiathèque :

  • Maya l’abeille – VM0954,
  • Drôle d’abeille (Bee Movie) – VB0675
  • Minuscule – VM1076, VML1077, VM1078 et VM1116
  • L’esprit de la ruche – VE0261
  • L’Ile mystérieuse – VI3734
  • Chasseurs de miel – TJ1720
  • Envoyé spécial, vie et mort d’une abeille – TO8330
  • L’abeille et les hommes – VT0456
  • Candyman – VC0776
  • L’inévitable Catastrophe (The Swarm) – VI4946
  • Viva Maria – VV0093
  • La belle histoire – VB1446
  • Oncle Boonmee – VO0206
  • Le Titanic apicole – TM8561 et TM8562
  • Le mystère de la disparition des abeilles – TM5551

le mystère de la disparition des abeilles

Un documentaire très émouvant et sensible sur le sort des abeilles. Avec la très bonne trilogie Le titanic apicole (vol1 et vol2) vous apprendrez tout sur les différentes menaces qui, combinées, risquent bien de venir à bout du petit insecte, le tout sur un ton plutôt militant. Avec Le mystère de la disparition des abeilles, vous serez touchés et émus par la dure vie des abeilles à qui l’on doit tant.

L’accent est surtout mis sur l’affaiblissement de leur système immunitaire. On découvre comment, à partir de pollinisateurs sauvages robustes, on est arrivés à fabriquer ces petites ouvrières fragiles qui luttent désormais pour survivre. Ce que les abeilles faisant auparavant naturellement, est devenu aujourd’hui l’objet d’enjeux économiques énormes. Les abeilles sont devenues itinérantes, sans attaches, transportées de champs toxiques en monocultures délétères, ouvrières jetables, dopées et malnutries pour le profit de l’industrie agro-alimentaire. Elles sont traitées comme l’est aujourd’hui le bétail, nourries, médicamentées, élevées, sélectionnées, etc.

Il n’est pas commun de se sentir en empathie avec l’insecte et pourtant, vous sortirez bouleversés de certaines images, de ces petits corps de travailleuses entravés, devenues sujets d’étude face à la menace pesticide.

Ces très belles images qui allient vertus éducatives et militantes, nous font nous interroger. En travaillent sur le problème de la disparition des abeilles, on travaille sur le problème de l’agriculture dans le monde, de notre alimentation et de nos valeurs. En aidant les abeilles, nous nous aidons nous même. L’histoire de la domestication de l’abeille est révélatrice de notre rapport à la nature, à l’environnement, au monde.

Demain, un monde sans abeille…

Les abeilles sont les principaux insectes pollinisateurs. Leur sort est symbolique des menaces qui pèsent sur la biodiversité. Actuellement, 80 % des plantes à fleurs du monde et 75 % des espèces cultivées en Europe dépendent de la pollinisation des insectes, assurée pour l’essentiel par les abeilles. Mais depuis quelques années, leur taux de mortalité augmente de manière spectaculaire. Les Etats-Unis ont baptisé ce phénomène : le syndrome d’éffondrement des colonies. Entre 2005 et 2007, le pays constate une hausse de la mortalité 30 à 50 %. Le même phénomène est observé en Belgique et en France où on déplore un taux de mortalité de presque 35 %.

Le changement climatique, la raréfaction des plantes à fleurs, les parasites, l’appauvrissement génétique de l’espèce, etc. plusieurs suspects sont envisagés mais les principaux accusés sont les pesticides.

En Belgique, on peut compter environ 350 espèces d’abeilles, dont la majorité est en voie d’extinction. En France comme en Belgique, on commence à recenser plus d’abeilles en ville qu’en milieu rural.

Pour faire le point sur cette enquête, quelques documentaires récents et disponibles à la médiathèque :

LA TITANIC APICOLE – LA TERREUR PESTICIDE – TM8561

LE TITANIC APICOLE – PLANETE TERRE : DESERT D’ABEILLES et DU BETAIL A MIEL DANS LES ENCLOS DES COLONIES HUMAINES – TM8562 

DISPARITION DES ABEILLES, LA FIN D’UN MYSTERE– TM2741

LE MYSTERE DE LA DISPARITION DES ABEILLES – TM5551

BEE MOVIE – DROLES D’ABEILLES – VB0675 : un dessin animé pour une porte d’entrée originale qui nous fait imaginer un monde privé du “travail” des abeilles.

 

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