Le monde après Fukushima

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Au bout de la route qui sillonne les paysages tranquilles et les petites villes abandonnées, un énorme dosimètre annoncé par le commentaire. « La radioactivité fait désormais partie du paysage, imposant son règne lourd, obtus et indifférent ».

Nous sommes à 50 km de la centrale de Fukushima, un an après le tsunami et l’accident nucléaire. Les familles sont à l’affût de conseils leur permettant de se protéger de la radioactivité, s’efforçant de déceler l’invisible. Les enfants, un dosimètre au cou, jouent dans la cour d’une école, cernés par un mur dérisoire de bouteilles d’eau censé absorber les éléments radioactifs. La beauté des arbres en fleurs ne fait pas oublier la menace : les délicats pétales roses et blancs, le vent qui les transporte et les dépose sur un sol couvert de mousse, tout est contaminé. Doucement, banalement, la pollution radioactive intègre le quotidien. Plus loin, une femme raconte que « Vivre ici c’est essayer au jour le jour de vivre mieux ». Le film interroge la capacité de l’humain à vivre avec le danger, avec l’exposition.

Un pêcheur évoque la présence des stèles qui ponctuent la côte. Elles ont été posées là, il y a parfois près de 600 ans. Pour se souvenir de la montée des vagues lors des tsunamis, elles sonnent de concert comme une injonction : ne pas construire plus bas. Pourtant, avec le temps, les maisons redescendent, oubliant l’avertissement des stèles. « On finit par oublier ».

Sur des kilomètres, il ne reste que des charpentes de bâtiments sans murs, sans toit, vidées, des bateaux emportés jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur des terres, après avoir éventré les villes sur leur passage. Un sociologue qualifie notre époque de société du risque planétaire et explique qu’il s’agit là d’une catastrophe illimitée dans le temps et l’espace, matériel et social. Toutes les victimes ne sont même pas encore nées.

Mais tous ne se résignent pas. Certains voudraient, face à l’accident de Fukushima, assister à la chute d’un modèle économique et politique. La population, profondément touchée, livre à la caméra, ses émotions, ses souvenirs, son analyse et ses critiques à l’égard d’un gouvernement accusé d’avoir tenté de minimiser la situation plutôt que de réduire les risques. Une feuille à la main, un poète lit : « L’humanité se vole parfois à elle-même le droit de contempler le crépuscule ». Au milieu des arbres fleuris qui poussent au pied des montagnes, entre les branches des cerisiers de Fukushima, naît tout de même l’espoir que les voix s’élèvent assez fort pour se faire entendre. Certains voient dans la réaction de la population japonaise une prise de conscience de la chute d’un régime politique archaïque. L‘accident révélerait un changement de société latent depuis les années 2000 au sein d’une population moins passive et confiante à l’égard des autorités. Le film raconte ainsi l’impact de l’accident de 2011 sur la population locale mais aussi sur la société japonaise.

le site du film

les films qui parlent de l’énergie nucléaire disponibles chez PointCulture

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