Résistance naturelle

En Italie, ils cultivent, discutent et racontent. Au milieu de leurs rangs de vigne, aux terrasses des cafés, entre amis, en famille, ces vignerons partagent leurs réflexions avec la caméra. Ce qu’ils ont en commun, la résistance. Résister contre l’industrie, les modèles normatifs modernes qui brident, contraignent et asservissent les pratiques agricoles.

Dès le début du film, des extraits de vieux films interrompent le discours. Parfois pour lui faire échos, parfois pour l’introduire, souvent pour tout autre chose. Ces insertions amènent le spectateur à s’interroger, au-delà des faits explicitement rapportés, sur les représentations que le réalisateur place ainsi dans le champ : liberté ; contestation… Au spectateur alors de les recevoir librement en fonction de leur sensibilité et références.

Le responsable de la cinémathèque de Bologne explique par ailleurs l’importance de la sauvegarde des archives, de la compréhension du passé. Avec cette séquence, le réalisateur souhaite explicitement faire apparaitre un lien entre le cinéma et le vin, ou plus précisément, entre faire un film et faire du vin. En art, comme en agriculture, l’histoire est une expérience sociale. Il faudrait comprendre l’agriculture comme une chose systémique et tentaculaire.

Il faut sans cesse être vigilant, critique, méfiant même car « Il y a toujours une intention ». Ainsi, ces vignerons délaissent-ils les filières AOC, domaine des industriels et se méfient-ils de l’Europe qui, en dehors de la monnaie, ne s’est intéressée à l’agriculture que parce qu’elle procure le contrôle. Ils argumentent, développent et on se laisse rapidement convaincre.

Le film témoigne aussi d’une vision de la terre, du sol, du système racinaire, des végétaux. La chimie du carbone devient alors l’occasion d’une métaphore autour de l’influence de l’industrie sur le monde : « Les hommes se vident de leur énergie vitale, en modifiant par la pétrochimie, la chimie du carbone des végétaux, ils se recroquevillent ».

Il faut donc réapprendre le goût des choses, du vin, de la culture, de la vie.

A côté de cette résistance face à l’écrasant rouleau normatif économique, une conception de la terre. La terre comme système vivant, terroir et patrimoine.

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