La reine malade

la reine malade couvDans la région des Hautes-Laurentides au Canada, Anicet Desrochers, un jeune apiculteur s’émerveille devant la jolie couleur blanche et brillante de son miel. Mais la contemplation fait vite place à l’inquiétude, les abeilles se meurent. Le documentaire fait se répondre des moments informatifs sur le taux croissant de mortalité des abeilles et de belles séquences qui prennent leur temps pour montrer le travail d’un homme aux paroles simples et intelligentes. Au début du film, il est au téléphone, des pourcentages défilent, 10 %, 40 %, 25 %… ce n’est qu’un peu plus tard qu’on comprend qu’il s’agit du pourcentage de perte annuelle des ruches. Plus loin dans le film, lors du Congrès apicole de Montpellier en 2009, des scientifiques et des apiculteurs du monde se succèdent à l’estrade. Ils présentent leurs produits et témoignent de leurs difficultés. Les interventions se suivent mais ne sont progressivement plus sous-titrées. On comprend que les situations se répètent, singulières et similaires à la fois. Ce sont à chaque fois des apiculteurs qui sont menacés mais aussi des familles, des savoir-faire, des particularités liées à la biodiversité locale, au climat, aux pratiques et au cheptel. « Il y a partout de beaux produits » s’enthousiasme Anicet après avoir remporté une médaille pour son hydromel. Un scientifique explique ensuite que diverses causes interagissent dans un cercle mortifère : pesticides ; pauvreté génétique des cheptels due aux méthodes de sélection ; changement climatique ; agents pathogènes ; certaines pratiques agricoles (qualité et récolte de l’alimentation des vaches par exemple) ; etc. Les abeilles affaiblies sont menacées par leur environnement. L’apiculteur compare sa compagne et sa fille à des reines, il parle de symbiose et le spectateur voit des abeilles partout, dans les voitures, dans les maisons, même le reggae qu’il écoute le ramène à son métier. Egalement éleveur de reines, il privilégie les capacités naturelles des races rustiques pour rendre plus résistantes les abeilles domestiques. On le voit sélectionner, envoyer, surveiller ses abeilles, par tous temps. L’homme vit en permanence avec elles. Quand il regarde par la fenêtre de sa maison, il explique comment dans cet univers étrangement artificiel que nous fabriquons (défrichage, changement climatique, alimentation artificielle des vaches, plantes génétiquement modifiées, transport d’abeilles par camions pour la polonisation des cultures, etc.), ses abeilles maintiennent la vie, amènent avec elles une respiration. L’homme veut, à l’aide de son apiculture, « créer une balance dans le déséquilibre ». Il raconte son travail, ses difficultés et ses craintes pour l’avenir mais surtout sa conception d’une apiculture sereine, intégrée dans la région, la population et la nature. Les grands gestes qu’il dessine de ses mains forment avec ses paroles le contour d’un projet généreux. On découvre ici un problème multifactoriel par le témoignage d’un apiculteur touchant qui possède une vision respectueuse et chaleureuse de l’apiculteur et du rapport à l’environnement.

voir le site d’Anicet Desrochers

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