mer et relations fragiles

Relation fusionnelle

Liés par des mécanismes de rétrocontrôle complexes, le climat et l’océan forment un couple fusionnel. Ce qui touche l’un, atteint l’autre. REGARDS DE CLIMATOLOGUES permet de comprendre la nature et l’importance de cette union qui amène par exemple l’océan à stocker le gaz carbonique de l’atmosphère.

Depuis une cinquantaine d’années, le couple bénéficie malgré lui d’une surveillance rapprochée. L’océan par exemple est concerné par plusieurs programmes de recherche. Comme ils le feraient au chevet d’un malade, les scientifiques mesurent sa salinité, sa température, la vitesse, l’acidité et la direction de ses courants, mais aussi l’état de santé des espèces qu’il héberge, comme autant d’indices de la santé dela planète. Lesconclusions de ces études sont souvent inquiétantes. L’harmonie des mécanismes est rompue.   

Relation à trois

Depuis la révolution industrielle, les activités humaines émettent d’importantes quantités de gaz à effets de serre qui s’accumulent et participent au réchauffement global dela planète. Celui-ci, associé à d’autres pressions exercées directement sur les ressources marines (pêche et pollutions diverses), crée de nombreux déséquilibres qui s’additionnent et se conjuguent pour constituer une menace qui pèse aujourd’hui sérieusement sur la biodiversité.

L’impact des activités humaines amène des scientifiques tels que le glaciologue Claude Lorius à concevoir et décrire une nouvelle ère qui débute avec la révolution industrielle : l’anthropocène. Un néologisme qui souligne l’influence des activités d’origine anthropique sur l’évolution dela planète. C’est donc l’homme qui écrit aujourd’hui l’histoire de l’océan, tout du moins en grande partie, car on ne connait pas encore toutes ses réactions face aux brutales modifications qu’on lui inflige.

Le réchauffement global engendre un apport d’eau douce qui modifie sensiblement la salinité des mers et risque de perturber la circulation des courants marins. Parmi ces courants, le Gulf Stream, dont l’altération pourrait perturber le climat du littoral européen (GULF STREAM, LE TALON D’ACHILLE DU CLIMAT). L’océan subit les modifications du climat puis y participe à son tour. Outre leur implication dans la régulation du climat, les courants marins sont aussi des corridors écologiques au rôle essentiel dans la circulation de nombreuses espèces marines comme le plancton, certaines tortues ou baleines. Dans FINDING NEMO, les héros voyagent avec les tortues qui empruntent le courant est-australien pour gagner l’Australie. L’océan est aussi particulièrement sensible à l’augmentation du taux de gaz carbonique qu’il absorbe désormais en plus grande quantité (près de la moitié des émissions anthropiques), ce qui entraine une acidification des eaux. TIPPING POINT décrit les techniques et les objectifs d’un programme scientifique chargé de l’étude de la modification du pH des océans et des conséquences qui en découlent. En empêchant la production de calcaire, l’acidification fragilise par exemple la population d’organismes planctoniques, les organismes à squelette et coquille calcaires  (les foraminifères) et le corail. DES CORAUX POUR DECRYPTER LE CLIMAT alerte sur le sort du corail : deux tiers des récifs coralliens du monde sont fortement abîmés alors même qu’ils semblent pouvoir fournir de précieuses informations sur l’histoire du climat et constituent un habitat irremplaçable pour de nombreuses espèces. 

Les changements climatiques aggravent les méfaits occasionnés par d’autres atteintes à l’équilibre des écosystèmes : dégradation des écosystèmes du littoral ; pollutions liées aux exploitations minières et pétrolières ; pollution sonore et par les hydrocarbures (ENVOYE SPECIAL – DEGAZAGE EN MER) ; aménagements des fleuves et des zones côtières (RIVAGES, volumes 1 & 2 : cas de l’estuaire de la Seine, de la baie de Somme, du Mont Saint-Michel ou de Gruissan en France), introduction d’espèces invasives ; pollution chimiques (cas du mercure stocké dans la viande de poissons tels que le thon développé dans un bonus de THE COVE) et par le plastique (ACCROS AU PLASTIQUE et personnage de Lovelace dans HAPPY FEET ). L’omniprésence de ce matériau, dont la production et la consommation se sont accélérées depuis la seconde guerre mondiale et le développement d’un mode de vie « jetable », génère d’importantes quantités de déchets très difficiles à recycler. Le plastique, sous forme de nappes de déchets flottants ou décomposé sous forme de pastilles, ne disparait pas. Il circule et s’accumule dans l’organisme des êtres vivants causant une importante mortalité et perturbant gravement le système hormonal et reproducteur.

Relation d’intérêts

L’océan abrite 80 % de la biodiversité connue, depuis le minuscule du plancton agité jusqu’aux majestueuses et tranquilles baleines. La mer du Nord héberge par exemple de très nombreuses espèces. Elle constitue un milieu précieux pour la nature mais aussi pour l’activité économique des hommes (DOCKS & COCKERS pour un aperçu de l’histoire des six ports maritimes belges). Malheureusement, la biodiversité y est menacée par les changements climatiques, l’introduction d’espèces invasives, des rejets de produits toxiques (déchets radioactifs, égouts, rejets industriels et agricoles charriés par les fleuves, etc.) et par une activité de pêche qui épuise les stocks de poissons. Dans le cadre d’une activité devenue industrielle, les bateaux, redoutablement équipés pour la détection et le ramassage des poissons, vident peu à peu les mers. C’EST PAS SORCIER, PECHE : LES POISSONS ONT LE MAL DE MER illustre l’évolution des techniques de pêche et d’une politique européenne toujours discutée concernant le principe des quotas. LES DAMNES DE LA MER, plus critique, dénonce les méfaits autant sur les écosystèmes que pour la population locale, d’une pêche intensive responsable de la disparition des bancs de sardine au large du Maroc. Un rapport de la F.A.O. estime qu’aujourd’hui, près de 80 % des stocks de poissons sont menacés (complètement exploités à 52 %, surexploités à 16 % et effondrés à 8 %). Parmi les espèces au statut le plus critique, la crevette rose, le flétan de l’Atlantique, le cabillaud, le saumon de l’Atlantique, la sole, le thon rouge.

Références :
Dossier F.A.O.
Dossier du CNRS
Dossier Greenpeace
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